23_RAP_46 - Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil sur le Postulat Monique Ryf et consorts - Santé mentale des jeunes: quelle prise en charge à la sortie de la pandémie ? (22_POS_10).
Séance du Grand Conseil du mardi 4 mars 2025, point 45 de l'ordre du jour
Documents
- Rapport de la commission - RC 23_RAP_46 - Sylvie Podio
- Texte adopté par CE - RAP-CE - POS Ryf 23_RAP_46 - publié
Transcriptions
Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourLa commission s’est réunie le 21 juin 2024 pour traiter de cet objet. Elle remercie M. Ischy, secrétaire de commission, pour les notes de séance. Le conseiller d’Etat a présenté son rapport qui comprend les 16 mesures instaurées, pour répondre au mieux au postulat. Il précise que les mesures de soutien représentent une enveloppe totale de 11,5 millions de francs dans le budget de l’Etat de la présente année. Cette enveloppe se répartit dans plusieurs départements. Son montant est voué à évoluer en adaptation à la situation. La mise en œuvre des mesures a été rapide afin de ne pas casser les actions entreprises durant la pandémie, et les retours du terrain sont positifs.
Dans l’ensemble, la postulante juge le rapport bien documenté et détaillé, répondant à une grande partie de ses attentes. Toutefois, certaines interrogations subsistent, notamment concernant la nécessité reconnue de renforcer les effectifs d’infirmiers et infirmières scolaires, ce qui ne semble pas se concrétiser complètement.
La discussion générale a porté sur la suffisance des mesures au vu de l’ampleur de la problématique concernant la santé mentale des jeunes, ainsi que sur les limites du rôle de l’école. A ce sujet, si, pour plusieurs commissaires, il convient en effet de ne pas tout « psychiatriser » et si l’école n’a pas pour vocation de soigner les gens, on ne perd rien à ce que la santé mentale fasse l’objet de discussions et d’une attention particulière en milieu scolaire. Par son mode de fonctionnement ou certaines de ses exigences, le système scolaire peut parfois révéler des fragilités, voire rendre malade. De même, la souffrance psychique peut conduire à un décrochage scolaire et plus tard à l’exclusion socioprofessionnelle. En ce sens, il importe de ne pas exagérément séparer l’école, lieu de vie à journées faites des enfants et des jeunes, et la santé mentale de la jeunesse.
Lors de la lecture du rapport, les mesures principalement discutées concernent les actions de prévention et leur mise en œuvre, avec un intérêt particulier sur la prévention du risque suicidaire. Cette dernière a été mise en œuvre en priorité au niveau postobligatoire et est en cours de mise en œuvre au niveau de la scolarité obligatoire. Dans la mise en œuvre, la priorité a été donnée aux établissements dont la direction s’est déclarée volontaire, mais à terme, une telle prévention sera obligatoire. La question de l’accompagnement et de la prise en charge du public ayant des difficultés avérées a aussi été abordée, en particulier la question du manque de places. Selon le département, cette problématique est actuellement en discussion entre les différents services concernés afin de définir qui endosse, en fonction des besoins, la responsabilité des structures nouvelles ou à créer. La discussion a aussi abordé la question du suivi des mesures, de l’adaptation de ces dernières, ainsi que d’un éclaircissement concernant les classes régionales de pédagogie spécialisée, les Modules d’activités temporaires et alternatives à la scolarité (MATAS) et le principe d’école inclusive défini par le canton. En conclusion, la commission recommande à l’unanimité au Grand Conseil d’accepter le rapport du Conseil d’Etat.
La discussion est ouverte.
Je tiens à souligner la qualité de ce rapport très complet concernant la santé mentale des jeunes. Les seize mesures proposées s’articulent autour de trois axes qui ciblent toujours plus la population à risque. Le premier axe concerne les jeunes en général avec le travail de promotion de la santé mentale dans le but de les maintenir en bonne santé. Le deuxième axe s’articule autour des groupes à risque avec un travail de détection pour proposer des interventions précoces. Enfin, le troisième axe s’adresse spécifiquement aux jeunes ayant des difficultés avérées, en leur proposant une prise en charge ciblée et adaptée. L’ensemble des mesures a un coût non négligeable, mais il semble que la santé n’ait pas de prix. Je tiens à remercier tous les intervenants, les enseignants et le personnel des professions spécialisées pour leur travail, ils contribuent à ce que notre jeunesse reste en bonne santé mentale et physique.
J’aimerais remercier encore une fois le Conseil d’Etat pour son rapport à mon postulat. Nous ne sommes plus en période de pandémie, mais la fragilisation des jeunes est avérée, surtout dans le contexte actuel, notamment avec les conflits et toutes les informations relativement négatives qu’ils reçoivent par différents canaux.
Comme je l’ai déjà fait en commission, j’aimerais relever un point concernant la mise en place d’un groupe de travail interdépartemental pour répondre de manière large à la problématique. C’est vraiment à saluer. Comme l’a rappelé mon préopinant, il existe une gradation dans les mesures entre la prévention, la prise en charge, les premiers repérages, les interventions, l’accompagnement et la prise en charge des jeunes touchés. Dans ce sens, la couverture est large et assez complète pour les difficultés de santé mentale. Nous le savons − je l’ai déjà mentionné − la préoccupation de la santé mentale des jeunes n’est pas seulement le fait de notre canton, puisqu’il y a des interventions au Parlement fédéral. Je rappelle aussi que, il y a une année, la Commission fédérale de l’enfance et de la jeunesse a demandé une action forte et durable en faveur de la santé mentale des jeunes. Nous constatons la concordance des mesures prises ici.
Dans le canton, l’action a été rapide, ce que nous pouvons aussi souligner. La mise en place du plan d’action date de 2021 ; puis, elle s’est répétée et développée. Il y a donc un réel souci d’apporter du soutien aux jeunes pour leur permettre de bâtir leur avenir, même dans un environnement difficile. Nous ne pouvons que souhaiter que toutes ces mesures portent leurs fruits. L’évaluation de ces mesures devrait intervenir dans un proche avenir − la question a été posée en commission. Je vous remercie d’accepter ce rapport du Conseil d’Etat, comme le recommande la commission.
Le rapport du Conseil d’Etat, complet, présente les seize mesures instaurées et souligne le travail interdépartemental qui a précédé. Ainsi, il répond aux interrogations de la postulante qui considère que la réponse du Conseil d’Etat est bien développée. Le conseiller d’Etat responsable du département de la formation considère que les mesures proposées sont fortes, solides et destinées à évoluer. Le groupe PLR vous invite à suivre la commission et à accepter le rapport du Conseil d’Etat.
Retour à l'ordre du jourLa discussion est close.
Le rapport du Conseil d’Etat est approuvé à l’unanimité.