24_REP_178 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Romain Pilloud et consorts au nom du groupe socialiste - Diète postale à marche forcée - Stop ! (24_INT_102).
Séance du Grand Conseil du mardi 4 mars 2025, point 21 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourJe tiens à remercier le Conseil d’Etat, et plus particulièrement Mme Moret, pour son engagement à tous les niveaux sur ce dossier. Nous avons d’ailleurs eu l’occasion d’en discuter très récemment. Il va de soi qu’entre la réponse à l’interpellation et la séance de commission qui a eu lieu récemment, de nouvelles informations sont apparues.
Dans l’ensemble, je suis satisfait de la réponse du Conseil d’État. Toutefois, je reste dubitatif quant au respect de l’ordonnance sur la poste. Mon préopinant a évoqué les critères relatifs aux durées et aux distances des services postaux. Eh bien, je doute aujourd’hui qu’en se référant à cette ordonnance, 90 % de la population puisse accéder à un bureau de poste ou à une agence postale à pied ou par les transports publics en 20 minutes. Je doute qu’il en soit ainsi aujourd’hui, et je doute encore plus que la Poste puisse garantir le respect de cette ordonnance à l’avenir.
Je m’inquiète évidemment de la révision future de l’ordonnance sur la Poste à laquelle le Conseil d’État fait référence, mais je fais pleinement confiance au Conseil d’État pour sa lecture et son analyse attentive de cette révision et de ses conséquences. Je pense également qu’un contact direct avec M. Rösti et ses services pourrait être envisagé, d’autant plus que ce contact n’a pas eu lieu immédiatement. Je comprends bien sûr que plusieurs agendas, partenaires et procédures sont en cours. Toutefois, il serait utile, dans les conditions dramatiques que traverse le canton de Vaud, d’établir un contact direct pour faire avancer la situation.
Je tiens également à préciser que, la semaine dernière, un communiqué a été transmis à la presse par la commission ad hoc chargée du postulat sur le même sujet ; cela n’est plus un secret. Ce communiqué demande au Conseil d’État d’agir en élaborant une stratégie de préservation des prestations postales, en collaboration avec les acteurs et actrices concernés au sein des communes touchées. Parmi les mesures évoquées, on trouve notamment un renforcement de la communication et de la coordination de l’information vers les communes, une éventuelle intégration des services postaux dans les projets pilotes de guichets de proximité, ainsi qu’un renforcement des démarches auprès de la Berne fédérale. Enfin, la multiplication des projets subventionnés par la loi sur le développement économique constitue une autre option déjà partiellement engagée. Toutefois, la priorité doit rester la même pour toutes et tous : empêcher la fermeture des bureaux de poste, et cela doit être la première des priorités. Je crois que la commission a été largement unanime sur ces différents points.
À titre personnel, je suis convaincu que les collectivités, qu’elles soient communales ou cantonales, peuvent envisager, comme certaines l’ont déjà fait, de reprendre les services postaux. De plus, une pétition, recueillant 17’000 signatures, a également été déposée par la société civile et les communes vaudoises, ce qui constitue une pression supplémentaire. Voilà quelques éléments à souligner. Je remercie encore le Conseil d’État pour son engagement. Cependant, un point n’a pas encore été abordé et j’espère qu’une analyse pourra être effectuée à ce sujet. Il s’agit des conséquences des futures fermetures des bureaux de poste sur l’emploi, car je doute − je le répète clairement − que les employés postaux qui se retrouveront sans bureau de poste pour exercer leur activité disposent de conditions suffisantes pour rester à la Poste. Je crains donc que cette situation n’entraîne la disparition de plusieurs emplois dans notre canton.
La discussion est ouverte
Je peux évidemment m’associer aux préoccupations exprimées par M. Pedroli concernant l’objet n°20, évoqué tout à l’heure par notre collègue Pilloud. Je comprends qu’il soit suggéré à Mme la conseillère d’État d’aller discuter avec M. Rösti. Cependant, je pense que nos collègues socialistes seraient bien avisés de commencer par discuter avec M. Christian Levrat, président de La Poste, ancien président du Parti socialiste, et qui, à l’époque, n’avait pas mâché ses mots pour critiquer les élus de droite en faveur de fermetures de bureaux de poste. J’ai d’ailleurs entendu M. Levrat à la radio, et il n’a pas été très courtois envers vous. Il a notamment déclaré que son parti était resté au Moyen Âge et qu’il ne comprenait rien à la modernisation de La Poste. Donc, même si je comprends l’envie de discuter avec M. Rösti, je conseillerais à nos chers amis socialistes de commencer par échanger avec M. Levrat, qu’ils ont sans doute côtoyé et qu’ils doivent bien connaître, afin d’essayer d’infléchir sa position.
Effectivement, nous suivons de près ce dossier. Vous avez mentionné le communiqué de presse de la commission du Grand Conseil, qui vous tient informés des différents éléments sur lesquels nous travaillons. Je vous remercie également de reconnaître le travail effectué par mon département pour tenter de trouver un chemin. M. le conseiller fédéral Rösti a été entendu par la Conférence des chefs de Département de l’économie publique de Suisse occidentale (CDEP-SO), et je dois avouer que le canton de Vaud se sent un peu isolé dans ce combat. C’est un point que nous avons abordé en commission. Dans le cadre de la Conférence des affaires fédérales, c’est-à-dire lorsque le Conseil d’État rencontre les parlementaires fédéraux, ces sujets étaient à l’ordre du jour lors de la dernière conférence, et ils le seront également demain lors de la prochaine. Il y a aussi une intervention parlementaire importante qui passera au Conseil des États, et je sais que nous pouvons compter sur le soutien de nos deux sénateurs.
Retour à l'ordre du jourLa discussion est close.
Ce point de l’ordre du jour est traité.