23_REP_189 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Hadrien Buclin et consorts - Transformation de l’îlot Rasude à Lausanne : un projet immobilier en décalage avec les besoins des locataires, la protection du patrimoine et l’adaptation au dérèglement climatique ? (23_INT_123).

Séance du Grand Conseil du mercredi 18 décembre 2024, point 43 de l'ordre du jour

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M. Hadrien Buclin (EP) —

Je remercie le Conseil d’Etat pour sa réponse concernant le projet immobilier de la Rasude à proximité de la gare de Lausanne. Pour rappel, ce projet a suscité rejets et inquiétudes de personnes du quartier, ainsi que de personnes concernées par les enjeux d’accès à des logements abordables, par les questions environnementales et de protection du patrimoine. En effet, les tours prévues dans ce projet contiendraient essentiellement des surfaces de bureaux et de commerces, ce qui est fort contestable à l’heure où l’agglomération est frappée par une pénurie de logements à loyer abordable. La construction de tours climatisées environnées de beaucoup de béton va aussi à rebours des enjeux d’adaptation au dérèglement climatique, alors que l’on devrait tirer les leçons de Plateforme 10 à quelques centaines de mètres, qui a été, à juste titre, critiquée pour constituer un îlot de chaleur supplémentaire à proximité de la gare. 

Les critiques formulées contre ce projet ont déjà porté quelques fruits. En effet, le quotidien 24heures nous apprenait, en novembre dernier, que des discussions avaient vraisemblablement permis d’éviter la destruction du bâtiment construit par le fameux architecte Alphonse Laverrière en 1950. Sur les questions de protection du patrimoine, quelques progrès ont déjà été accomplis. Toutefois, s’agissant de la faible proportion de logements et de ces tours climatisées très hautes, de nombreuses choses devraient être repensées sur le plan environnemental. Bien sûr, la commune de Lausanne est en première ligne en lien avec les deux promoteurs – les CFF et le groupe privé Mobimo. Cela dit, une interpellation sur le plan cantonal se justifie, puisque l’Etat endosse un rôle de surveillance et de délivrance d’autorisation. Le Conseil d’Etat, dans sa réponse, confirme sa marge de manœuvre dans ces aspects. Le Département des institutions, du territoire et du sport a la compétence de retoquer le projet, s’il n’est pas conforme au Plan directeur cantonal (PDCn). Cela donne une certaine marge de manœuvre pour exiger un projet moins volumineux, en particulier en hauteur, avec un plus faible impact paysager et environnemental. Concernant les îlots de chaleur, je note avec satisfaction la volonté du Conseil d’Etat d’intégrer cette problématique dans la révision du PDCn, ce qui donnerait à l’avenir plus de latitude au canton pour agir contre les défauts d’un projet du type Rasude, même si, évidemment, s’agissant de ce projet, la révision n’interviendra pas assez vite.

Concernant le logement, certes, le Conseil d’Etat rappelle ne pas avoir la compétence d’exiger formellement un quota de logements d’utilité publique (LUP) dans un tel projet. Néanmoins, dans le cadre des contacts réguliers du Conseil d’Etat avec la municipalité de Lausanne ou les CFF, une intervention serait possible pour exprimer une certaine préoccupation face au peu de surface consacrée aux LUP. J’ai pris connaissance avec satisfaction de plusieurs projets dans lesquels le canton va utiliser des parcelles cantonales pour la construction de LUP – enfin ! Nous allons en discuter, puisqu’une interpellation que j’ai déposée est aussi à l’ordre du jour. Il y a donc quand même une certaine prise de conscience de l’urgence d’augmenter le nombre de projets de ce type. Madame la présidente du Conseil d’Etat, dans le dossier Rasude, une intervention de votre part pour essayer de pousser à la création de LUP dans le quartier central de la Ville de Lausanne pourrait donner quelques résultats. Je vous remercie pour les renseignements fournis sur l’état d’avancement de ce projet. 

M. Jean-François Thuillard (UDC) — Président-e

La discussion est ouverte.

Mme Christelle Luisier Brodard (C-DITS) — Président-e du Conseil d’Etat

Voici une information complémentaire : le plan d’affectation est en cours d’examen préalable. Nous en examinons la légalité, mais à la suite du premier projet réalisé par la ville de Lausanne, cette dernière a décidé de modifier son projet en lien avec une expertise menée par la Commission fédérale des monuments historiques et la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage. Nous attendons maintenant que ce projet modifié soit déposé à la Direction générale du territoire et du logement (DGTL) qui pourra mener à bien l’examen préalable jusqu’à son terme. 

M. Jean-François Thuillard (UDC) — Président-e

La discussion est close.

Ce point de l’ordre du jour est traité. 

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