23_POS_29 - Postulat Jessica Jaccoud et consorts - Tourisme 4 saisons – pour une stratégie cyclotouristique et des bornes cyclistes dans les cols vaudois.

Séance du Grand Conseil du mardi 7 mai 2024, point 34 de l'ordre du jour

Texte déposé

Les hivers sont de plus en plus doux. La neige est de plus en plus rare et le tourisme vaudois de montagne, Alpes et Jura, doit inévitablement orienter ses activités vers le « quatre saisons ». La destination « Vaud » doit se diversifier vers d’autres pratiques sportives que celles associées à la saison d’hiver.

 

Plusieurs initiatives sont en cours et sont encourageantes. L’on pense notamment à l’attribution par l’Union cycliste internationale, au Canton de Vaud, du label UCI Bike Region qui récompense les stratégies combinant implication dans le cyclisme d’élite et investissements pour encourager la pratique du vélo.

 

Dans ce contexte, il existe une importante marge de manœuvre, notamment dans la promotion du vélo comme activité sportive et cyclotouristique. Cette activité peut être une alternative idéale au manque de neige et peut se pratiquer en toute saison. Il est donc important pour les soussignés de réfléchir autour de notre approche de ce « nouveau » tourisme qui a le mérite d’avoir un impact écologique faible. Par ailleurs, soutenir les activités sportives est également un moyen d’action dans la lutte contre la sédentarité.

 

Expériences dans d’autres contrées

 

A l’étranger, notamment dans les Pyrénées françaises et andorranes, la pratique du vélo fait venir en été quasiment autant de touristes et de sportifs qu’en hiver. La visibilité donnée à certains cols devenus mythiques par le Tour de France joue un rôle important.

 

Cela étant, ces régions ont également entrepris d’importantes démarches afin de capitaliser sur cette pratique sportive, en alternative et/ou complément au ski l’hiver.

 

Le passage du Tour de France dans les Alpes vaudoises en 2022 a démontré les retombées importantes que la vitrine vélo peut apporter à terme aux stations de montagne. Dans la foulée, Villars accueille depuis 2021 l’UCI Gran Fondo Suisse et a l’intention d’organiser les championnats du monde de Gran Fondo en 2028. De plus, la station a le souhait d’accueillir, dès 2024, une manche de coupe du monde de gravel  et les championnats du monde de cette discipline en 2029.

 

Nous devons donc absolument capitaliser sur ces expériences positives et démarrer une dynamique similaire à celle faite notamment en France autour de ces lieux d’accueil de compétitions internationales pour en faire des lieux d’attraction pour les cyclosportifs amateurs.

 

Bornes

 

Les cyclistes sportifs qui gravissent les cols français, italiens ou andorrans ont l’habitude de croiser sur leur route des balisages dédiés à la pratique sportive du vélo (voir exemples en annexe). Pour la plupart, mais pas tous, ces cols ont été empruntés un jour par une course cyclosportive d’importance.

 

Ainsi, vous trouvez au pied du col, un panneau ou une borne, vous indiquant le nombre de kilomètres jusqu’au sommet, l’altitude, le dénivelé et le pourcentage moyen. A chaque kilomètre parcouru, un nouveau balisage vous rappelle le nombre de kilomètres restant ainsi que le pourcentage de pente à affronter sur le kilomètre à venir.

 

Ces balisages sont très appréciés des cyclotouristes, tant ils permettent de calibrer l’effort et de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir.

 

Par ailleurs, les cyclistes se prennent en photo à côté du panneau ou de la borne de fin de col et les partagent sur les réseaux sociaux. C’est donc un moyen de promotion touristique très performant. Ils achètent ensuite parfois comme souvenir de leur exploit sportif une borne miniature pour la ramener à la maison.

 

Certaines routes romandes sont déjà équipées d’un tel balisage. Il y a notamment la Barillette dans le canton de Vaud et certains cols valaisans. La Communauté d’Intérêt Touristique des Alpes Vaudoises (CITAV) a également déjà balisé partiellement le col des Mosses et de la Croix.

 

Conclusions

 

Dans le but de développer l’attractivité touristique des Alpes et du Jura et la promotion d’une activité quatre saisons, les soussignés souhaitent que le Conseil d'Etat étudie la possibilité d'adopter une stratégie « touristico-sportive » associée à la pratique du vélo, en, notamment, développant un balisage spécifique, par des bornes ou des panneaux, le long des routes de cols de montagne du canton.

 

Cette stratégie devra aussi comprendre la promotion de cette activité et l’encouragement à la pratiquer auprès d’une clientèle locale et plus lointaine.

 

On peut imaginer que le Canton agisse directement sur ses propres routes et encourage la mise en œuvre sur les routes communales via la LADE.

Conclusion

Renvoi à une commission avec au moins 20 signatures

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Felix StürnerVER
David RaedlerVER
Stéphane MontangeroSOC
Valérie ZoncaVER
Thanh-My Tran-NhuSOC
Sergei AschwandenPLR
Aurélien ClercPLR
Cédric RotenSOC
Céline MisiegoEP
Carine CarvalhoSOC
Pierre DessemontetSOC
Claude Nicole GrinVER
Jerome De BenedictisV'L
Denis DumartherayUDC
Patricia Spack IsenrichSOC
Yannick MauryVER
Oriane SarrasinSOC
Muriel ThalmannSOC
Marc VuilleumierEP
Alberto MocchiVER
Vincent KellerEP
Alexandre RydloSOC
Valérie InduniSOC
Julien EggenbergerSOC
Yves PaccaudSOC
Cendrine CachemailleSOC
Alice GenoudVER
Blaise VionnetV'L
Monique RyfSOC
Yvan PahudUDC
Sylvie PodioVER
Pierre FonjallazVER

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Jean-François Cachin (PLR) — Rapporteur-trice

La Commission thématique des infrastructures liées au transport et à la mobilité (CTIM), en sa séance du 3 octobre dernier, a traité le postulat de notre ancienne collègue, Mme Jessica Jaccoud. La postulante a déposé ce postulat qui concerne la thématique du développement du tourisme quatre saisons, avec comme objectif de diversifier les pratiques sportives, particulièrement en montagne, que ce soit dans le Jura ou dans les Alpes. Lors de séjours à l'étranger, en France, en Andorre ou en Italie, elle a pu constater des pratiques différentes en matière de promotion du cyclotourisme. Les balisages les plus courants que l'on peut trouver, par exemple en France, soit des bornes ou des panneaux, ont une emprise au sol qui reste modeste. En général, en bas du col, un panneau ou une borne indicatrice indique le nombre de kilomètres, la pente moyenne, les différentes altitudes du parcours, etc. En plus, un panneau annonce le kilomètre à venir à chaque kilomètre et un autre panneau indique le sommet du col. En conclusion, la postulante souhaite une stratégie globale en matière de balisage sur les routes des cols de montagne pour notre canton, et ce, afin d'éviter que chaque région ou commune ne développe sa propre stratégie et que l'on perde davantage de cohérence et d'uniformité sur le territoire.

Mme la cheffe du département abonde dans le sens de l'argumentation de la postulante. Cette idée a déjà été reprise dans notre canton en matière de balisage. D'une part, il y a les réseaux suisses mobiles développés au niveau fédéral et, d'autre part, pour le canton de Vaud, les projets touristiques sont développés par les associations régionales. La stratégie touristique émane de Suisse Tourisme au niveau national et de Vaud Promotion au niveau cantonal. Mme la conseillère d'Etat, comme le chef de la division entretien de la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) et le responsable de l'Office du développement économique, donnent aux membres de la CTIM toutes les informations sur le balisage, en relation avec la demande de la postulante.

La postulante insiste sur le fait que ce qui va faire venir des touristes du monde entier est bien la capacité de vendre un ensemble qui nécessite plus que des bornes, soit des itinéraires à télécharger, des hôtels, des restaurants, etc. Cela peut être vendu que s'il existe une stratégie cantonale, quels que soient les acteurs qui la mettent en place.

Les membres de la commission et Mme la conseillère d'Etat estiment que ce postulat peut être pris partiellement en considération sous réserve de la modification des conclusions dudit postulat. Mme la postulante accepte dès lors de modifier son texte et de rajouter, à la fin des conclusions : « en collaboration avec les associations et groupements touristiques locaux ».  La commission recommande au Grand Conseil de prendre partiellement en considération ce postulat par 11 voix et 2 abstentions, et de le renvoyer au Conseil d'Etat.

M. Laurent Miéville (V'L) — Président-e

La discussion est ouverte.

M. Romain Pilloud (SOC) —

Le postulat de notre ancienne collègue Jessica Jaccoud a rencontré un certain intérêt, notamment pour son potentiel touristique, son intérêt environnemental, ses liens directs ou indirects à faire avec la stratégie vélo, les enjeux de tourisme doux, de tourisme interne, de santé publique, de sécurité routière. En commission, il nous été a dit qu'un projet de cyclotourisme devait se faire au travers des régions, et que ces régions sont subventionnées grâce à la Loi sur l'appui au développement économique (LADE). Ces régions peuvent proposer un projet pour essayer d'obtenir des financements, et le canton peut éventuellement, si tout va bien, après une phase pilote, l’envisager et encourager d'autres régions à s'en inspirer. En attendant, quand une région prépare un concept, on peut tout à fait imaginer qu'une autre région en prépare un autre.

C'était bien là le sens de la proposition de notre ancienne collègue Jessica Jaccoud, puisque le postulat propose notamment de réfléchir à une stratégie générale, et donc de ne pas se cantonner au seul balisage. Il faut avoir une vision cantonale, identifier les manques dans toutes les régions, avoir une cohérence sur tout le territoire, intégrer les acteurs économiques – Vaud Promotion, les régions – et faire quelque chose de solide au niveau de l'expérience vécue par les cyclotouristes. Cela sera l’occasion de soutenir les commerces, la restauration et d’attirer des cyclistes aux besoins évidemment différents que les touristes en voiture, à pied ou en transport public, tout en promouvant un balisage uniforme, ou tout du moins coordonné, et pas seulement dans les Alpes vaudoises.

Mme Jaccoud a proposé de modifier son texte et admet qu'il ne s'agit absolument pas de tout décider depuis la capitale, mais de travailler avec l'ensemble des acteurs. C'était la vision partagée par l'ensemble de la commission et la conseillère d'Etat ; cet élément a donc su convaincre l'essentiel de la commission. C'est pour ces raisons que le groupe socialiste vous invite à accepter la prise en considération partielle de ce postulat.

M. Philippe Germain (PLR) —

Ce postulat qui vise à instaurer un balisage spécifique pour la pratique du vélo sportif dans les différents cols vaudois s'inscrit dans le budget de la LADE. Le projet actuellement en développement dans les Alpes vaudoises pourrait être étendu au Jura vaudois dans des conditions similaires, contribuant ainsi à l'essor du cyclisme sportif et au développement économique de ce tourisme spécifique, différent de la promotion du vélo global de la stratégie Vélo 2035. Dans sa grande majorité, le groupe PLR soutiendra ce postulat modifié et vous propose de le renvoyer au Conseil d'Etat.

M. David Raedler (VER) —

Le groupe des Vertes et des Verts vaudois soutiendra ce postulat. C'est un thème qui est particulièrement important dans la mesure où c'est une clé centrale du tourisme quatre saisons. Le vélo se trouve être la clé centrale, non seulement pour occuper nos régions montagneuses ou campagnardes, mais aussi parce que, d'un point de vue économique, le vélo constitue une manne financière importante. Un chiffre a été sorti par le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) en 2021 : le tourisme à vélo représente 3 milliards de francs par an en Suisse. C'est un montant particulièrement important et qui bénéficie à différents acteurs et actrices du domaine. À ce titre, l'idée de cette promotion et de cette uniformisation des systèmes au niveau vaudois est essentielle.

Il ne faut pas oublier que le Canton de Vaud ne se restreint pas à nos magnifiques Préalpes, mais a également un domaine jurassien. Dès lors, il est essentiel de ne pas oublier cette région et de soutenir également les éléments qui y sont déployés pour soutenir le vélo.

M. Fabrice Tanner (UDC) —

Ce postulat demande une stratégie cyclotouristique ainsi que l'installation de bornes d'information pour les cyclistes dans les cols vaudois. Le rapport met en évidence les projets déjà en cours dans le canton, tels qu'un projet dans les Alpes vaudoises composé de 18 itinéraires ainsi qu'un projet de balisage. Le rapport de la commission met aussi en évidence les projets de voyages à vélo et d’œnotourisme vaudois. Tous ces projets sont des compléments à l'application SuisseMobile qui propose des itinéraires à pied, à vélo ou en VTT. Le tourisme à vélo peut être, dans les régions de montagne, un bon moyen de se diversifier et d'augmenter l'offre de loisirs quatre saisons. La postulante a modifié son postulat en ajoutant – à juste titre d'après notre parti – que cette étude devrait être menée en collaboration avec les associations et les groupements de tourisme local. La postulante espère que cette stratégie cyclotouristique pourra se déployer dans toutes les régions du canton, notamment dans le Jura vaudois. On peut remarquer qu'aucune borne d'information cycliste n'est en place avec les cantons voisins. Notre parti vous recommande en majorité de prendre en considération partielle ce postulat, en précisant qu'il y aura des abstentions.

 

Mme Muriel Thalmann (SOC) —

Il faudra aussi tenir compte de la problématique de la cohabitation avec les piétons et les randonneurs, afin que ces balisages et ces tracés ne soient pas développés au détriment des amateurs de promenade pédestre. C'est un élément auquel il faut vraiment faire attention.

M. Laurent Miéville (V'L) — Président-e

La discussion est close.

Le Grand Conseil prend le postulat en considération partiellement avec 1 avis contraire et plusieurs abstentions.

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