24_INT_180 - Interpellation Mathilde Marendaz au nom EP - Un drame Dublin (de plus) évité de près à la Rue du Simplon : comment adapter l'intervention policière à la détresse des migrant⸱e⸱s expulsé⸱e⸱s ? (Développement).

Séance du Grand Conseil du mardi 14 janvier 2025, point 5 de l'ordre du jour

Texte déposé

Mardi 10 décembre, une opération de police de grande ampleur a eu lieu dans la Rue du Simplon. Le 24 Heures rapporte qu’un homme et une femme s’étaient barricadé à l’intérieur du foyer AlaGare de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Ces deux personnes, sous le coup d’une procédure de renvoi Dublin, étaient manifestement en détresse. Cette situation rappelle une fois de plus comme le système d’asile suisse, et de Dublin en particulier, entraîne insécurité, angoisse et précarité chez les requérant⸱e⸱s d’asile. Ceci risque de provoquer, comme on peut l’observer souvent, des actes de violence le plus souvent envers soi-même ou envers autrui. Et pourtant, face à ces deux personnes en détresse, un déploiement des forces a été décidé, dont la disproportion interpelle. Le 24 Heures mentionne un “impressionnant dispositif sécuritaire” et des forces de l’ordre “lourdement équipées”. On apprend même que “deux tireurs d’élite étaient postés dans l’immeuble d’en face“. Bien qu’un coussin de sauvetage ait été déployé et un négociateur mobilisé, la priorité donnée au spectacle démesuré de la force plutôt qu'à un déploiement de médiateur⸱ice⸱s questionne. Les personnes en danger était un jeune couple dans une situation de détresse extrême.  La priorité aurait dû être à la médiation avec une personne formée à ce travail. Quand une personne traverse une situation de détresse extrême et se situe proche du suicide, mobiliser la compréhension et la médiation semble être une réponse bien plus appropriée que mobiliser des tireurs d’élite. De plus, il est évident qu’une telle intervention produit des effets psychologiques traumatiques sur les autres résident⸱e⸱s de l’établissement et sur les passant⸱e⸱s et habitant⸱e⸱s de la rue, contribuant à créer un climat de peur, de danger, d'angoisse et d'insécurité sans autre fondement que la détresse.

 

Dans ce contexte, j’ai l’honneur d’adresser au Conseil d’État les questions suivantes : 
 

  • Existe-il une procédure permettant de définir dans quelle situation une telle intervention de force est justifiée ? 
  • Si oui, quelle est la ligne de conduite qu’elle préconise ?  
  • Comment et par qui la décision d’intervenir a-t-elle été prise dans cette situation ? 
  • Quels étaient les objectifs définis ?
  • Des médiateur⸱ice⸱s ont-ils été appelé-es de manière prioritaire ? 
  • L’impact d’une telle intervention sur les autres résident⸱e⸱s de l'établissement ainsi que sur les passant⸱e⸱s a-t-il été pris en compte, et y a-t-il eu un débriefing pour ces personnes ?  

Conclusion

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Documents

Transcriptions

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Mme Mathilde Marendaz (EP) —

Mardi 10 décembre dernier, une opération de police de grande ampleur a eu lieu dans la rue du Simplon, à Lausanne. Le journal 24heures a rapporté qu’un homme et une femme s’étaient barricadés à l’intérieur du foyer à la gare de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Ces deux personnes, sous le coup d’une procédure de renvoi Dublin, étaient manifestement en détresse. Cette situation rappelle, encore une fois, comme le système Dublin et le système d’asile en général entraînent chez les personnes insécurité, angoisse et précarité. Les conséquences de ces situations sont des actes de violence, le plus souvent envers soi-même, parfois sur autrui. 

A la rue du Simplon, en décembre, face à ces deux personnes très visiblement en détresse, un déploiement de force a été décidé dont la disproportion interpelle et fait l’objet de ce texte. Le journal 24heures mentionnait un impressionnant dispositif sécuritaire et des forces de l’ordre lourdement équipées. Deux tireurs d’élite étaient postés dans l’immeuble d’en face. Bien qu’un coussin de sauvetage ait été déployé et un négociateur mobilisé, la priorité donnée au spectacle de la force plutôt qu’à un déploiement de médiateurs interroge. Les personnes en danger étaient un jeune couple dans une situation de détresse extrême. Or, selon nous, la priorité aurait dû être placée sous le signe de la médiation avec une personne formée à ce travail. Quand quelqu’un traverse une situation de détresse extrême et se situe proche du suicide, mobiliser la compréhension et la médiation semble en effet une réponse plus adéquate. Il est aussi évident qu’une telle intervention produit des effets psychologiques traumatisants sur les autres résidents de l’établissement, mais aussi sur les passants, les habitants de la rue, contribuant à créer un climat de peur, d’insécurité, sans autre fondement que la détresse. Dans ce contexte, cette interpellation pose au Conseil d’Etat différentes questions pour comprendre la justification d’une telle intervention plutôt qu’une intervention priorisant la médiation. 

M. Jean-François Thuillard (UDC) — Président-e

L’interpellation est renvoyée au Conseil d’Etat qui y répondra dans un délai de trois mois.

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