24_REP_4 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Nathalie Jaccard et consorts au nom de Céline Misiego - Reconnaissance et valorisation des langues et cultures d’origine - Où en sommes-nous ? (23_INT_188).
Séance du Grand Conseil du mardi 4 mars 2025, point 48 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourJe remercie le Conseil d'Etat pour ses réponses, et ce, même si elles s'avèrent décevantes et insatisfaisantes. En premier lieu, il est regrettable de constater que ce n'est pas la première fois qu'à la Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO), des projets pilotes, malgré leur succès avéré, ne sont pas poursuivis – comme en témoigne la finalité de ce projet ou, par exemple, celui des Argonautes. On peut se questionner de l'évaluation des projets testés, des coûts non seulement financiers, mais également en temps et en énergie pour les porteurs de projets.
D'ailleurs, monsieur le conseiller d'Etat, j’ose vous poser cette question : est-ce qu'il est prévu de continuer à mettre sur pied des projets pilotes alors que, selon toute vraisemblance, le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF) n'a pas les moyens de les développer alors même qu'ils ont fait leurs preuves ? D'autant plus avec la réponse donnée par le Conseil d'Etat à la présente interpellation : « Grâce à ces deux projets, les élèves concernés ont pu travailler et développer des compétences transversales telles que la collaboration et la communication, élargir leurs connaissances culturelles, enrichir leur regard sur la multiculturalité de l'école vaudoise et s'ouvrir à l'autre. Cependant, ces initiatives ne sont pas poursuivies. ». Je vous laisse apprécier ; vous conviendrez, à la lecture de ce qui précède, que cette décision est surprenante et consternante. Elle est d'autant plus préoccupante que, depuis 2004, la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) prévoit la valorisation des langues d'origine, reconnaissant l'importance accordée au plurilinguisme et à la diversité culturelle qui enrichissent la culture nationale. Mme Thérèse Salzmann, de l'Institut suisse Jeunesse et Média, souligne que « L'enseignement des langues d'origine renforce la confiance en soi et donne à l'enfant un sentiment de sécurité. » Il est important de reconnaître l'importance des langues d'origine et de les intégrer dans les programmes scolaires, ce qui est un pas vers le respect du principe d'égalité des chances entre les élèves.
Je rappelle également les droits de l'enfant tels que définis par l'ONU, à son article 29, lettres c et d, qui disent notamment que l'éducation de l'enfant doit viser à lui inculquer le respect de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit et du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne. Valoriser les cultures d'origine est donc crucial. Cela favorise le respect de la compréhension mutuelle entre les différentes communautés. Les enfants qui grandissent en étant conscients et respectueux de la diversité culturelle sont mieux préparés à vivre dans un monde de plus en plus interconnecté et malheureusement souvent intolérant. Cette ouverture d'esprit et cette tolérance sont essentielles pour construire des sociétés pacifiques et inclusives. Vous en conviendrez : en ces temps chahutés, toutes actions permettant à la jeune génération le développement de la tolérance et de l'ouverture d'esprit sont les bienvenues.
Dans sa réponse, le Conseil d'Etat évoque comme alternative la mise en place d'une nouvelle formation. C'est sûrement une initiative louable. Toutefois, des questions demeurent. Est-ce que cette formation répondra aux divers défis et objectifs ? Comment s'assurer que tous les enfants pourront bénéficier du même programme ? La séance d'information telle que mentionnée dans la réponse a-t-elle bien eu lieu au printemps 2024 ? Enfin, est-ce que cette formation a bien démarré à la rentrée ? Si oui, comment est-elle promue auprès du corps enseignant ? Bref, ces points nécessitent des clarifications pour garantir que les engagements pris se traduisent par des actions concrètes et efficaces. Ainsi, vous l'aurez compris, je reviendrai bientôt sur le sujet et ses diverses questions.
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