23_REP_53 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation David Vogel et consorts au nom Vert'libéraux - « L'anonymat peut-il lutter contre l’effet Pygmalion ou Golem ? » (23_INT_27).
Séance du Grand Conseil du mardi 4 mars 2025, point 42 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourJe crains une fois encore, hélas, d’être en désaccord avec la réponse du département, car plusieurs points sont problématiques. Je rappelle que l’idée est d’anonymiser les tests : un ou une enseignante ne corrige pas l’élève X ou Y, mais un numéro, puis à la fin, fait le lien entre le nom de l’élève et le numéro.
Le Conseil d’Etat affirme que ce n’est pas vraiment efficace et que cela ne résoudra pas tous les problèmes. Certes, cela ne résoudra pas tous les problèmes, mais des études prouvent que cette manière de faire peut en résoudre certains. Dès lors, je ne comprends pas la réponse. A copies totalement équivalentes, les résultats entre les filles et les garçons sont différents – plutôt en faveur des filles selon une des études en question. En fonction de qui nous pensons être l’auteur du test, les notes sont bonnes pour les uns et moins bonnes pour les autres. Ce n’est pas toujours dans le sens que nous croyons. Pourquoi ? Nous attribuons aux uns et aux autres des critères différents, pensant que les filles ont davantage travaillé ou que les garçons ont plutôt répondu au feeling, etc. C’est un premier problème.
Deuxième point : on indique que la recherche de l’objectivité n’est pas une priorité, mais est quand même importante. Selon le rapport, la recherche de l’objectivité est difficile et ne peut pas être un but en soi, etc. C’est extrêmement dommage de ne pas considérer ce système simple à mettre en place et qui ne demande pas un énorme travail.
En revanche, je ne peux pas entendre la critique selon laquelle vouloir imposer une pratique à tout le monde n’est pas très libéral. La réponse du Conseil d’Etat mentionne une autre critique : la pratique est totalement utopique et serait complexe à mettre en œuvre. Je vous invite à venir dans mes cours : cela fait des années que je pratique ainsi ; ce n’est ni utopique ni complexe. Vous inscrivez des numéros liens aux noms des élèves et vous faites correspondre les uns avec les autres après les corrections. Il est dommage que cette proposition, qui ne coûte pas cher, mais rapporte beaucoup en matière d’égalité des chances, ne soit pas prise en compte. Le coût est extrêmement faible, voire nul, mais le bénéfice est énorme. Il n’y a pas une immense logistique à mettre en place. Je ne suis donc, hélas, pas en accord avec le département.
Par ailleurs, la réponse indique que la pratique des tests anonymes existe déjà à l’Université de Lausanne (Unil) pour diminuer les biais évaluatifs. Je ne comprends donc pas que ce qui est valable pour l’Unil ne le soit pas pour d’autres institutions, notamment pour la scolarité obligatoire et postobligatoire. Vu que le canton ne veut pas instaurer de tests anonymes, j’appelle les élèves du canton à demander à leurs enseignants de passer des tests anonymes afin que leurs évaluations soient plus honnêtes et adin d’assurent une équité des chances à tout le monde.
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