23_REP_44 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Nathalie Jaccard et consorts - Un soutien fort pour un faible impact écologique et social des vêtements du personnel de l'Etat (23_INT_21).
Séance du Grand Conseil du mardi 7 mai 2024, point 18 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourTout d'abord, je tiens à remercier le Conseil d'Etat pour sa réponse. Cependant, après en avoir lu attentivement les divers éléments, je souhaite faire quelques commentaires. Dans sa réponse à la question « Où, comment et par qui sont-ils récupérés ou recyclés ? », le Conseil d'Etat précise que lorsque les vêtements sont trop usagés, ils sont confiés à des organisations telles que Texaid et Textura. Toutefois, les pratiques de ces entreprises nous interpellent. En effet, près de 50 % des vêtements récoltés sont considérés comme non intéressants ou trop usagés, et sont exportés, pour ne pas dire débarrassés, en Asie ou en Afrique, par exemple au Kenya où 185'000 tonnes sont acheminées. Imaginez-vous en Afrique, où vous venez d'acheter un ballot de vêtements, et que vous déballez des bottes de neige, des combinaisons pour le ski ou encore des écharpes ou des gants en laine ! La seule manière de se débarrasser de ces habits est de les brûler ou de les jeter dans des décharges à ciel ouvert, ce qui provoque des problèmes non seulement écologiques, mais également sanitaires. Cela soulève des préoccupations quant à l'impact social et environnemental de ces pratiques, et que dire du fait que l'on se débarrasse dans des pays tiers de ce que nous ne voulons plus en Suisse ? Face à ce constat, vous conviendrez que faire appel à Texaid ou Textura n'est de loin pas la meilleure chose.
Concernant les achats des habits soumis au marché public, je comprends que les processus d'acquisition de vêtements soient soumis à des règles strictes liées au marché public. Il est néanmoins important de renforcer les efforts visant à minimiser les conséquences écologiques et sociales de la gestion des vêtements utilisés par le personnel de l'Etat, par exemple en ajoutant une dimension de durabilité comme critère d'attribution du marché public. Les mesures prises pour réduire l'impact environnemental du nettoyage des vêtements, notamment l'utilisation de lessives biodégradables et le recours à des entreprises certifiées ISO 14001, sont encourageantes. Il serait cependant utile d'envisager des moyens supplémentaires pour promouvoir des pratiques plus respectueuses de l'environnement dans l'ensemble du processus, de l'acquisition à l'élimination des vêtements, tout en garantissant la sécurité des habits qui ont pour vocation de protéger les employés et les employées de l'Etat.
En conclusion, je suis convaincue que l'Etat de Vaud peut jouer un rôle fort de leader et de modèle dans la promotion de pratiques durables, que la mise en place d'initiatives visant à renforcer l'engagement de notre canton en faveur du développement durable est possible et souhaitable, et que la marge de manœuvre est encore large. J’ai donc bon espoir que ce message sera entendu et je vous remercie pour votre attention.
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