23_REP_84 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Yannick Maury - Vers un accès gratuit à la presse régionale pour les jeunes de notre canton ? (23_INT_50).

Séance du Grand Conseil du mercredi 18 décembre 2024, point 33 de l'ordre du jour

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Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Yannick Maury (VER) —

Je remercie sincèrement le Conseil d’Etat pour sa réponse claire et dépourvue de langue de bois. Il a pleinement pris en compte les conclusions de l’étude de l’institut Qualinsigh. Il ne s’empêtre donc pas dans son projet de kiosque virtuel, qui ne remplit pas les critères qui permettraient aux jeunes d’adhérer à la démarche. Ceux-ci privilégient, en effet – nous le comprenons tout en le regrettant – les contenus gratuits présentés dans un format et un ton attractifs. A l’heure où l’écrasante majorité des jeunes s’informe sur internet et notamment sur les réseaux sociaux, nous devons repenser la façon dont nous leur facilitons l’accès aux médias traditionnels et régionaux. Le risque de s’informer uniquement sur les réseaux sociaux est de s’enfermer dans une bulle de filtrage et de tomber dans le piège du biais de confirmation en côtoyant uniquement des contenus qui nous confortent dans nos opinions, aussi erronées soient-elles. Quoi que l’on en dise, ce biais est moindre avec les médias traditionnels. J’espère que le Conseil d’Etat pourra, comme il l’a annoncé, recalibrer sa stratégie pour revaloriser nos médias auprès du jeune public. 

M. Jean-François Thuillard (UDC) — Président-e

La discussion est ouverte.

M. Jacques-André Haury (V'L) —

Dans la première partie de la réponse du Conseil d’Etat, nous lisons qu’il souhaite concentrer ses efforts sur la réalisation d’une solution numérique novatrice dont la version pilote devrait voir le jour en 2024. Nous sommes à la fin de l’année et la réponse du Conseil d’Etat date de novembre 2023. S’est-il passé quelque chose depuis ? Pouvons-nous savoir ce que cette ambition novatrice a permis de réaliser cette année ?

Mme Christelle Luisier Brodard (C-DITS) — Président-e du Conseil d’Etat

Je reprends le communiqué de presse : au début du mois d’octobre de cette année, nous avons initié le projet « Check », un projet numérique pour les Vaudoises et les Vaudois. Le communiqué précise :

« Dans le cadre du programme de soutien à la diversité des médias, un projet pilote innovant est lancé ce jour pour sensibiliser les jeunes Vaudoises et Vaudois à l’importance de consulter des informations journalistiques vérifiées et, in fine, leur permettre d’exercer leurs droits politiques en connaissance de cause. Cette plateforme entièrement numérique, baptisée « Check », est spécifiquement conçue pour les jeunes de 17 à 25 ans. Alimentée par les éditeurs locaux, de manière indépendante de l’Etat, l’ambition de « Check » est de proposer une actualité locale, dynamique, vérifiée et positive, sur les canaux utilisés par les jeunes et dans les formats qu’ils consomment. »

Ainsi, nous essayons d’assurer une large diffusion sur les canaux suivants : Instagram, TikTok et Mastodon, l’alternative à X. Pour les détails, je vous renvoie à ce communiqué de presse. 

Evidemment, il est actuellement trop tôt pour disposer d’un retour clair. Nous le ferons dans le cadre du rapport intermédiaire sur l’aide à la presse et aux médias, rapport qui est attendu pour le début de l’année 2025. D’ici là, nous aurons les premières informations et retours à vous livrer, sur la mise en œuvre du projet « Check ».

M. Didier Lohri (VER) —

J’aimerais revenir sur un point intéressant : Mastodon a été abandonné par la Confédération. Par rapport à son nombre d’abonnés sur ce réseau, le Conseil d’Etat a-t-il une volonté similaire à celle de la Confédération de se retirer de ce réseau social ?

J’ai une autre question : vous évoquez une communication positive. Je ne veux pas usurper la paternité de « la vraie vie » à M. Berthoud, mais la jeunesse doit-elle forcément lire une actualité positive ? La réalité n’est pas toujours blanche ou noire. 

Ma dernière question concerne l’aspect financier : pouvons-nous considérer que « Check » constitue une aide à la presse locale ? Je ne retrouve pas, dans les documents de l’Etat, si ce projet est pris sur l’aide à la presse locale et sur ce qui est accordé aux journaux régionaux. Ou alors, l’aide à « Check » figure-t-elle dans un autre budget ? J’aurais pu poser ces questions lors de l’examen du budget, mais je ne voulais pas agacer mes collègues.

Mme Christelle Luisier Brodard (C-DITS) — Président-e du Conseil d’Etat

D’abord, il n’y a aucune volonté du Conseil d’Etat d’abandonner Mastodon. Ensuite, les montants pour « Check » sont bel et bien pris dans l’aide aux médias. Pour faire suite aux différentes études menées avec la HEIG-VD auprès des jeunes, « Check » remplace le kiosque numérique. 

Finalement, une information « positive » n’est effectivement pas le meilleur des termes. L’idée est de sensibiliser les jeunes à la vie publique, à leur rôle dans cette dernière et à la vie en société. L’information « positive » n’implique pas de couvrir uniquement des thématiques joyeuses du quotidien vaudois. Cela peut concerner la vie culturelle ou sportive locale. Il s’agit de couvrir l’ensemble de l’actualité en partenariat avec les éditeurs concernés. La ligne éditoriale est complètement indépendante. Ce n’est pas l’Etat qui la dicte. Nous sommes très au clair avec ceci. C’est une aide à la presse locale. Ce n’est pas l’Etat qui produit ces vidéos, mais les éditeurs locaux qui ont un intérêt à le faire et qui s’inscrivent pour participer à ce projet. Il y a une rémunération pour cela. Pour les éditeurs, l’indépendance de la ligne éditoriale est garantie. 

M. Jean-François Thuillard (UDC) — Président-e

La discussion est close. 

Ce point de l’ordre du jour est traité.

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