24_REP_93 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Anna Perret et consorts au nom Le groupe des Vert.e.s - Fermeture de Vetropack à St Prex : quel impact sur la promotion d'une économie circulaire et la durabilité du système alimentaire? (24_INT_57).
Séance du Grand Conseil du mardi 4 mars 2025, point 27 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourJe remercie le Conseil d’Etat pour sa réponse à mon interpellation. Cette interpellation a été déposée en mars 2024, lorsque la direction de Vetropack a annoncé la possible fermeture de son usine de Saint-Prex. Deux mois plus tard, comme on le sait, cette fermeture a été confirmée, laissant sur le carreau les 180 employés de l’usine, privant la Suisse de sa dernière usine de recyclage de verre et le canton de Vaud d’un acteur important de son système alimentaire local. La question que je me pose est la suivante : cette fermeture aurait-elle pu être évitée si nous avions disposé d’une vision d’ensemble de notre système alimentaire vaudois, si nous avions disposé d’une politique alimentaire cantonale qui aurait pu nous renseigner sur l’importance de cette usine pour les filières locales, leur durabilité, ainsi que sur son rôle dans l’économie circulaire des matériaux que le Conseil d’Etat cherche à mettre en place ? Une politique alimentaire qui aurait permis au Conseil d’Etat de prendre les devants.
Il ressort de la réponse à mon interpellation que nous manquons de données, notamment par rapport à l’impact climatique des différentes étapes du système alimentaire vaudois et suisse. Par exemple, il manque des données pour mesurer l’impact environnemental de la filière du verre et donc pour comparer différents scénarios, par exemple avec ou sans producteur en Suisse. Dans ces conditions, il est difficile d’accompagner le secteur de l’alimentation vers plus de durabilité et de souveraineté, un secteur de la plus haute importance en ce qui concerne notamment le changement climatique, qui est très complexe et qui émet environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre.
Cela étant, je salue tous les efforts décrits dans la réponse qui ont été déployés par le Conseil d’Etat et la task force pour trouver des moyens de maintenir ou transformer le site de Vetropack afin de préserver les emplois et le savoir-faire. Je salue également le travail qui a été fait suite à l’annonce de la fermeture, notamment en ce qui concerne l’avenir des employés et les questions liées à la récupération et au recyclage du verre dans le futur.
La discussion est ouverte.
Je remercie le Conseil d’Etat pour les réponses apportées à l’interpellation de notre collègue Perret. Les réponses à cette interpellation appellent néanmoins deux remarques de notre part. Le Conseil d’Etat mentionne l’importance du développement de circuits de réutilisation de contenants, qu’ils soient en verre ou en autres matériaux. A notre avis, nous devons attirer l’attention du Conseil d’Etat sur l’évolution des recherches récentes sur les pollutions aux micro- et nanoplastiques, des recherches qui tendent à démontrer des impacts majeurs sur le plan écologique et sanitaire. La neutralité sur le choix du contenant n’est donc, à notre sens, pas soutenable. Dans un souci tant écologique que de santé publique, nous encourageons l’administration cantonale à s’intéresser davantage à cette problématique majeure. Les démarches fédérales, tant sur la politique industrielle que plus ciblées sur une politique de réutilisation du verre, ont le soutien de notre groupe et nous encourageons le Conseil d’Etat à maintenir une proactivité en la matière.
Concernant plus précisément l’activité de la task force cantonale, renseignements pris auprès du syndicat Unia, l’apport de son travail s’est révélé malheureusement assez limité, et ce, pour trois raisons :
- Les renseignements fournis par l’administration sans impulsion politique se limitent aux activités très ordinaires des services, ce qui est largement insuffisant face à de tels enjeux. Les salariés ont donc dû s’appuyer sur d’autres compétences que celle de l’Etat pour élaborer des alternatives à la fermeture du site.
- Si l’Etat ne dispose pas lui-même de rôle dans le cadre d’une restructuration d’entreprise, les travailleurs disposent de droits de consultation. Si la Direction générale de l’emploi et du marché du travail (DGEM) a été soutenante par rapport au respect des droits de consultation, il faut regretter que les dispositifs légaux pour faire respecter ces droits sont bien trop insuffisants face au manque de volonté d’un employeur.
- La dimension d’une entreprise comme Vetropack aurait nécessité une démarche volontaire très claire à l’échelle nationale, ce qui ne s’est pas avéré suffisamment rapide à notre sens. Si des communes ont rapidement annoncé réfléchir à d’autres options que Vetropack pour le recyclage du verre en cas de fermeture, c’est bien à l’échelle nationale qu’un changement de politique publique aurait peut-être pu infléchir les projets de Vetropack.
Pour le reste, le groupe socialiste remercie le Conseil d’Etat pour ses réponses. Je ne me suis pas exprimé sur le postulat Berthoud précédemment, mais j’aimerais quand même préciser que les fonds de soutien à l’industrie et de lutte contre le chômage sont déjà des outils à disposition du Conseil d’Etat, mais qui montrent aussi leurs limites. Les apports de la nouvelle Loi sur le CO2 viennent compléter cet arsenal. Pour le groupe socialiste, l’élaboration d’un rapport plus exhaustif sur les outils à disposition doit améliorer la réactivité des autorités, détecter les lacunes éventuelles de notre canton sur les conditions-cadres en faveur du maintien, voire du développement de notre tissu industriel. Je me réjouis donc du renvoi de ce postulat au Conseil d’Etat.
Cher collègue, il s’agit d’une réponse du Conseil d’Etat à une interpellation.
Je vous remercie pour vos interventions. J’aimerais simplement souligner les axes sur lesquels nous avons travaillé. La réponse à l’interpellation mentionnait la table ronde sur la place industrielle vaudoise, mais vous avez certainement vu que nous avons avancé depuis, puisqu’un plan d’action en faveur de l’industrie a été lancé, et ce, en partenariat avec et les associations économiques et les syndicats concernés.
Retour à l'ordre du jourLa discussion est close.
Ce point de l’ordre du jour est traité.