24_PET_10 - Pétition Plus de moyens financiers pour les classes de 1-2P.
Séance du Grand Conseil du mardi 4 mars 2025, point 52 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourLa pétition de 2225 enseignantes et enseignants alerte nos autorités vaudoises sur la gravité de la situation qui affecte les classes de première et deuxième année primaire. La Direction générale de l'enseignement obligatoire (DGO) confirme les faits et reconnaît les difficultés rencontrées qui sont hors de toute proportion. En effet, dans de nombreuses classes, des élèves ont des comportements problématiques. Ils portent de la violence en eux. Des écolières ou écoliers peuvent manifester des crises quasi quotidiennes, se faisant du mal à eux-mêmes, criant, frappant leurs camarades, jetant des chaises ou du matériel scolaire. De jeunes élèves insultent ou frappent parfois le personnel enseignant ou les assistant-es à l'intégration. D'autres tentent de quitter l'école, quitte à traverser la route. Malgré leur âge – entre 4 et 6 ans – ces enfants difficiles à gérer prennent beaucoup de place, au point de mettre en péril la mission première de l'enseignement. Les calmer, les encadrer, les écouter et les comprendre empiète sur une grande part du temps scolaire. Il faut s'occuper bien sûr des autres élèves, souvent perturbés par les scènes dont ils sont les témoins. Cela génère un stress important dans la durée, qui peut conduire au burn-out ou à des changements de profession.
Entendu par la Commission des pétitions, le Directeur général de l'enseignement obligatoire a souligné que les questions soulevées sont connues et identifiées. Les enfants doivent pouvoir commencer leurs apprentissages scolaires de la meilleure des manières. Précédant les demandes de la pétition, des mesures ont été prises. Depuis août 2024 est allouée une période supplémentaire par classe ; ce qui coûte 4,3 millions de francs. Les directions d'établissement peuvent mettre en place un co-enseignement durant les deux premières semaines ou une matinée hebdomadaire pendant l'année, par exemple. Il conviendra d'assurer le suivi de la mesure, d'en connaître les expériences et bonnes pratiques. Instaurer deux enseignants par classe coûterait 64 millions par an. Les établissements disposent d'une enveloppe ordinaire d'enseignement spécialisé calculée en fonction du nombre d'élèves.
Suivant la hausse démographique des écolières et écoliers, 800 à 900 enseignants spécialisés et assistantes à l'intégration s'ajoutent chaque année. La moyenne s'est située à quelque 19 élèves par classe ces quatre dernières années. Passer à 16 élèves demanderait des locaux délivrés par les communes. L'an dernier, 50 emplois à temps plein supplémentaires obtenus ont permis d'engager 70 psychologues, psychomotriciens ou logopédistes – PPLS – qui sont désormais au nombre de 450. Aujourd’hui, il n'existe pas d'équipe volante, mais les jeunes élèves apprennent à vivre ensemble, développer leurs compétences relationnelles dans huit groupes pilotes. Chaque établissement doit établir son dispositif de prise en charge des crises aigües. Le soutien aux groupes existe, et à cet égard, les directions reçoivent une enveloppe de périodes qu'elles peuvent attribuer aux enfants à besoins particuliers sans disposer d'un diagnostic médical ni suivre une procédure d'évaluation normalisée. Le chef du département décidera d'une rencontre éventuelle. La plateforme dont la Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO) dispose pour s'entretenir avec les syndicats pourrait aussi faire office de table ronde avec une délégation des partenaires.
Il y a un an, le chef du département de l'enseignement, M. le conseiller d'Etat, Frédéric Borloz, a reconnu publiquement les difficultés spécifiques des classes 1 et 2 P. Une aide spéciale a été accordée – je l’ai mentionné plus tôt – de 4,3 millions de francs pour la rentrée 2024-2025. En raison de l'insuffisance de cette aide, quoiqu’importante, les signatures ont rapidement été recueillies autour de sept demandes :
- Deux enseignantes ou enseignants par classe durant les quatre matinées pendant lesquelles les première et deuxième primaire sont ensemble en classe ;
- une augmentation significative des assistantes à l'intégration et des enseignants spécialisés ;
- des classes à plus petits effectifs, 16 élèves dans l'idéal.
- un plus grand nombre de psychologues, psychomotriciens et logopédistes, afin de diminuer les listes longues des élèves en attente pendant un an ou plus.
- une sorte d'équipe volante à disposition par bâtiment scolaire pour gérer les crises ;
- un meilleur soutien aux groupes, de manière à limiter le recours à l'étiquetage d'élèves ;
- une table ronde ou des états généraux pour trouver des solutions en 1 et 2 P.
Lors de ces délibérations, la commission a demandé si les enfants qui ont fréquenté les garderies et centres d'accueil du jour perturbent moins en classe enfantine ; les différences ne sont pas frappantes. Cependant, on observe – et c’est nouveau – que les enfants peinent à entrer dans les activités, la vie collective d'une classe, à respecter des règles. Des élèves qui vont bien, se renferment sur eux-mêmes ou en viennent regrettablement à participer à l'agitation générale. Le nombre d'enfants avec des troubles augmente, assure le directeur de la DGEO. L'école entend améliorer le partenariat avec les parents, avec les familles, une thématique empoignée par le département. Les élèves allophones issus de la migration ou avec un handicap léger et qui connaissent des troubles de l’apprentissage, par exemple, ne perturbent pas la classe, il ne s’agit donc pas d’un problème lié à l’école inclusive. Ce sont les comportements inadaptés qui mettent à mal l’enseignement sur le plan relationnel. Auparavant, nous connaissions ces problèmes de comportements à l’adolescence, or, désormais, ils surviennent dès le plus jeune âge. Ainsi, il appartient au Parlement d’allouer davantage de moyens pour soutenir le personnel enseignant de 1 et 2P. Pour un commissaire, le canton n'a pas les ressources pour financer les demandes de la pétition, et cela exigerait des économies ailleurs. Au contraire, d'autres commissaires estiment qu'une qualité préservée de l'enseignement nécessite des moyens importants.
Enfin, la commission unanime formule un vœu concernant la table ronde souhaitée par la pétition : les garderies et les pédiatres devraient y être aussi représentés. La commission vous recommande de prendre en considération la pétition et de la transmettre au Conseil d'Etat par 7 voix contre 1, et 2 abstentions.
La discussion est ouverte.
Je déclare mes intérêts comme présidente de la Commission des pétitions et remercie son rapporteur ainsi que ses membres pour ses travaux qui se sont déroulés dans un très bon esprit, comme chaque fois. Je souhaite aussi remercier Mme Poncet Schmid, secrétaire de commission, dont le précieux travail en est la condition.
D’abord, j'aimerais rappeler que le renvoi des pétitions au Conseil d'Etat n'est pas contraignant pour le Conseil d'Etat ; il peut y répondre comme il le souhaite. En effet, en cas de prise en considération par le Grand Conseil, une pétition est renvoyée au Conseil d'État qui doit informer le Grand Conseil dans un délai de trois mois des suites qui y sont données. Si ce n'est pas contraignant, cela implique néanmoins qu'il se penche sur cette question – un aspect fondamental. Le but des débats autour des pétitions permet de mettre en lumière un problème. J’en profite pour rappeler que la pétition est l’un des seuls outils à disposition des citoyennes et des citoyens pour faire entendre leur voix au sein de l'institution. Je vous recommande de garder cela en tête. Ainsi, quel message ce Grand Conseil, ce Parlement, souhaite-t-il donner aux 2200 personnes – en grande majorité des enseignantes – qui ont signé la pétition ?
La Commission des pétitions a entendu des professionnels du terrain leur expliquer le problème grave rencontré dans les classes de 1 et 2P, tant pour les enseignant-es que les élèves. Les enseignant-es nous alertent qu'ils et elles ne sont plus en mesure de faire leur métier et de remplir les missions qui leur sont confiées dans les conditions actuelles, c'est-à-dire de créer des espaces dans lesquels des activités d'apprentissage peuvent avoir lieu pour que les élèves atteignent les objectifs d'apprentissage fixés par la loi. Pour les élèves, l'entrée en 1 et 2P est un moment clé, car c'est le début de l'entrée dans l'école de nos enfants, petits-enfants, nièces, neveux, qui deviendront ensuite enseignants, ingénieurs, peintres en bâtiment, que sais-je. Et si les choses ne se passent pas bien, on multiplie les chances que des problèmes plus lourds se déploient ensuite dans leur parcours de formation. Cela n'est profitable à personne : on ne peut pas construire de pyramides sur des bases branlantes et fragiles.
L'audition du département n'a pas donné de réponses entièrement satisfaisantes par rapport au problème et à la situation d'urgence présentée à la commission. Le problème a été reconnu et différentes mesures ont été prises, mais nous avons constaté qu'il y avait quand même un hiatus entre ces réponses et la situation, ce qui a justifié le fait que la commission préconise que le Conseil d'Etat se penche sur cette question. Par exemple, le département a annoncé avoir engagé davantage d'enseignants spécialisés et d'assistants à l'intégration qui secondent les enseignants dans les classes, dans des proportions qui suivent l'augmentation démographique, mais qui ne répondent pas spécifiquement aux problèmes et besoins posés sur le terrain. Ensuite, nous n'avons pas obtenu d'indication claire relativement aux deux fonctions engagées. En effet, un assistant à l'intégration n'est pas un enseignant spécialisé et vice versa. Nous savons que les conditions d'emploi des assistants à l'intégration ont déjà été thématisées dans ce Parlement, tout comme les questions soulevées par leur formation. Par conséquent, il n’est pas identique d'engager huit enseignants spécialisés et 3 assistants à l'intégration que le contraire.
J'en reviens à ce que nous allons voter. Quel le message le Parlement souhaite-t-il donner aujourd'hui ? Selon moi, nous devons transmettre le message suivant : nous avons entendu les problèmes et la souffrance des enfants et des enseignantes du 1 et 2 P ; nous souhaitons que le Conseil d'Etat se penche sur cette question. En outre, le problème est suffisamment important pour que le Conseil d'Etat puisse communiquer sur les suites qu'il compte donner à ce sujet, ce qu’un classement interdirait.
Enfin, j'aimerais conclure mon intervention par les mots du comité d’initiative : « Nous avons fait cette démarche, car nous avons encore foi en nos institutions ». Ainsi, je vous encourage à honorer la confiance que nous accordent nos concitoyennes et concitoyens et à renvoyer cette pétition au Conseil d'Etat.
Défis familiaux, violences, difficultés à s'intégrer, besoins émotionnels ou problèmes de socialisation, les témoignages du quotidien des enseignants présents lors de la Commission des pétitions nous ont démontré un environnement à la fois très compliqué, très fatigant, peu sécurisant et, surtout, porteur d’un potentiel élevé de dégradation du climat actuel. Comme il a été dit par mes préopinants, les conséquences sont lourdes à la fois pour les élèves, mais aussi pour le corps enseignant. Les demandes souhaitées par cette pétition pour plus de moyens sont plurielles et reprennent des éléments déjà appliqués dans d'autres cantons, notamment via la mise en place d'un co-enseignement et la présence d'enseignants spécialisés dans les classes. Comme il a été dit, les premières expériences sur les bancs d'école sont essentielles pour la suite du parcours et du développement scolaires.
Par conséquent, soutenir cette pétition équivaut à soutenir un parcours scolaire de la future génération et à préserver la santé mentale et physique du corps enseignant, garant d'une qualité d'enseignement optimale. Je rejoins mes préopinants et vous invite à soutenir la majorité de la commission et à renvoyer cette pétition au Conseil d'Etat, ainsi que la mise en place d'une table ronde entre acteurs concernés formulés dans un vœu.
En préambule, je déclare que je suis un ancien enseignant du secondaire actuellement municipal des écoles à La Tour-de-Peilz. J'aimerais appuyer les propos de mes préopinants. Il faut se l’avouer : nous avons un problème. Et il ne date pas d'hier, mais a atteint un seuil critique. Dans les classes de 1P/2P, beaucoup d’enseignant-es ne parviennent plus à accomplir correctement leur mission. Ils ne peuvent plus assurer aux enfants de cet âge un cadre d'apprentissage à la fois structurant, bienveillant et efficace. En effet, comment enseigner sereinement lorsqu'on se retrouve seul face à une classe surchargée ? Lorsqu'une partie de son temps est accaparée par des urgences, des besoins particuliers, des conflits à désamorcer, au détriment de l'ensemble des élèves ?
Les conséquences de ces situations sont lourdes. Elles pèsent sur les élèves, d'abord, qui évoluent dans des conditions qui ne leur permettent pas d'apprendre de manière optimale. Et, ce problème va ensuite se reporter sur les années suivantes. Elles pèsent aussi sur les enseignants, dont la charge mentale explose et qui, pour certains, finissent par quitter la profession. Pour rappel, près de la moitié des enseignantes et enseignants ont connu un burn-out dans leur carrière. Elles pèsent sur notre système éducatif tout entier qui doit gérer les difficultés en cascade plutôt que de prévenir efficacement ces problèmes, dès les premières années de la scolarité. C'est pourquoi les enseignants et enseignantes de 1P/2P ont lancé cette pétition. Avec plus de 2000 signatures récoltées, ce texte est un cri d'alarme. Il réclame des mesures concrètes et pragmatiques ancrées dans la réalité du terrain.
Le Conseil d'État a entendu cette alerte et a pris des mesures. Il a alloué un budget supplémentaire de 4,3 millions de francs pour la rentrée 2024-2025 ; c'est loin d'être négligeable. Mais nous savons déjà que ces mesures sont insuffisantes, car avec cet argent, la plupart des établissements ne pourront offrir qu'une heure d'aide supplémentaire par semaine et par classe. Je répète : une heure par semaine. Comment imaginer que cela soit suffisant ? Ces mesures sont insuffisantes, un simple sparadrap sur une plaie plus profonde. Le problème ne sera pas résolu, seulement botté en touche.
Par conséquent, en acceptant cette pétition, nous envoyons un signal clair. Il faut agir à la hauteur du problème. Nous devons cesser de bricoler des solutions partielles et mettre en place un véritable plan d'action pour garantir un enseignement de qualité dès les premières années de scolarité. Car ce n'est pas seulement de conditions de travail dont il est question ici, mais bien de l'avenir de nos enfants et de la société que nous voulons bâtir.
Cette pétition présente des pistes pour améliorer les conditions de travail du personnel et rétablir un apprentissage et un climat propice à un début d'apprentissage scolaire dans les classes des plus jeunes élèves. La commission unanime formule le vœu d'organiser une rencontre, comme demandé par la pétition, en y ajoutant les garderies, les pédiatres ; voilà une proposition qui prend en compte les besoins indissociables d'échanges entre partenaires et qui a convaincu la majorité des membres de la commission à soutenir son renvoi au Conseil d'Etat.
En effet, assurer un climat propice et stimulant est central. Or, si toute l'énergie de l'enseignant porte sur la discipline collective ou individuelle, cela devient impossible. Nos enfants ne recevront pas les bases nécessaires pour s'épanouir et grandir en apprenant. Ainsi, dans quelle société vivons-nous si, en tant que député-e-s, nous ne répondons pas à ce cri d'alarme ? En effet, quelle société prend le risque de laisser les plus vulnérables de nos jeunes élèves sur le bas-côté, mais aussi, de fait, de délaisser les autres ? Face à la situation inquiétante décrite par les pétitionnaires, nous risquons de ne plus trouver de personnel suffisant pour accueillir et accompagner les élèves des deux premières années scolaires. On se souvient, ils ont entre 4 et 6 ans. Les années 1P/2P sont délicates ; tous les parents vous le confirmeront. Tous veulent que les conditions soient optimales.
D'autres cantons l’ont compris, Genève, Neuchâtel y font face. Les propositions des pétitionnaires ne sortent pas d'un chapeau, mais bien d'expérimentations existantes. On ne réinvente pas la roue, fédérons les expériences en cours ! Certains jeunes élèves vaudois rencontrent des difficultés et posent problème, comme ailleurs. Le 24heures du jour accorde une page entière sur l'importance de la détection précoce soutenue par tous les spécialistes concernés. Un élément important est d'essayer de repérer davantage les jeunes vulnérables. Pour cela, il faut davantage investir dans les interventions précoces. La DGEO le reconnaît facilement, auparavant, les problèmes liés aux comportements apparaissaient à l'adolescence. Désormais, elles surviennent dès le plus jeune âge. Notons enfin qu'il n'est pas commun que des enseignants de l'ex-école enfantine – soit ceux qui enseignent aux 1P/2P primaires – se mobilisent pour dénoncer la péjoration alarmante de leur environnement de travail. Néanmoins, il est vrai que des mesures ont été mises en place. C'est après que ces mesures ont été posées que les pétitionnaires se sont mobilisés, car elles ne répondent pas aux besoins. La visite pendant une demi-journée d'un enseignant en renfort une fois dans l'année ne va pas résoudre les difficultés rencontrées, cela ne permet pas à l'enseignant concerné de présenter la situation, d'exposer les problèmes de sa classe, les mesures déjà introduites, etc. Le dialogue n'est pas présent, l'aide apportée est trop décalée des moyens nécessaires pour avoir un réel impact sur la problématique. Au pire, cela crée encore plus de désordre et de désespoir chez les enseignants concernés. Il ne faut pas revenir systématiquement – et je ne m’y emploierai pas – sur l'ensemble des mesures proposées. Le parti socialiste considère qu'elles doivent être étudiées.
Ainsi, nous rejoignons les demandes exprimées par les pétitionnaires et demandons au Conseil d'État de reprendre le dialogue avec ces enseignants et de chercher avec l'ensemble des partenaires scolaires les meilleures solutions pour reprendre la main sur la petite école et lui redonner les moyens nécessaires à insuffler l'envie et la joie d'apprendre et de grandir aux enfants de 4 à 6 ans. Comme la majorité des membres de la Commission des pétitions, le parti socialiste vous remercie de soutenir le renvoi de cette pétition au Conseil d'Etat.
Les problèmes soulevés par les pétitionnaires sont réels et méritent une attention toute particulière. En effet, le constat est très, voire trop souvent le même, l'école dysfonctionne, et la situation s'aggrave de jour en jour. Le site www.24heures.ch titre d'ailleurs actuellement un fait divers tout à fait inquiétant, une menace au couteau de la part d'un enfant de 8 ans, qui n'est à coup sûr pas un cas isolé, mais simplement un cas médiatisé, pour une fois. Si l'école inclusive, tel qu'elle est mise en œuvre actuellement, est un échec, cela ne signifie pas que l'inclusion doit être abandonnée. Bien au contraire, inclure avec une attention particulière toute une frange d'élèves aux besoins accrus est primordial. Il faut également inclure les enseignants, réfléchir aux solutions et réaménager les prises en charge.
Si nous ne sommes pas forcément alignés avec l'entier des solutions évoquées dans la pétition soumise ce jour, notamment sur les moyens nécessaires à leur mise en œuvre, force est de constater qu'il est impératif que le Conseil d'Etat rende un rapport et organise des tables rondes avec les enseignants du terrain, car la solution viendra de ces derniers. S'il y a des cas trop lourds, il faut aussi écouter ces enseignants et accepter que toutes les problématiques ne puissent pas être gérées par une classe traditionnelle.
Notre école est malade. Des budgets supplémentaires seuls ne résoudront en rien le problème, si on ne modifie pas l'école inclusive, qui exclut les enseignants de la solution. Aujourd'hui, le Grand Conseil doit donner un signal fort au gouvernement. Vous devez agir pour faire changer cela pour le bien de nos enfants, pour le bien de nos enseignants et pour notre avenir.
Le constat des enseignants est totalement factuel. Gérer des classes de 20 élèves en phase d'apprentissage du vivre-ensemble, issus de tous les milieux, n'est pas une sinécure, plutôt une vocation. Les moyens pour y parvenir ne sont pas des remèdes applicables à tout individu. Force est de constater que le cadre éducatif du milieu familial a fortement évolué. Le cadre scolaire a également fait des efforts conséquents pour pallier ces problématiques importantes. Des moyens financiers ont été dédiés à cette problématique, qui n'est certes pas tarie, mais qui méritera, comme le demande la pétition, une attention particulière. Le Conseil d'État est totalement conscient de la problématique. Il a mis en œuvre des moyens conséquents, mais qui ne correspondent certes pas au niveau des vœux des pétitionnaires. Ainsi, le groupe UDC vous enjoint de faire confiance au Conseil d'Etat et de vous abstenir, voire de refuser cette pétition.
Les élèves, si jeunes, sont à l’école pour être formés et non pour recevoir une éducation de base qui doit être assumée par les parents. Cette pétition va donc à l’opposé de ce que nous pourrions espérer. Ensuite, la cogestion, telle que demandée par cette pétition, n’est pas une solution, plutôt quelque chose qui commence à gangréner notre état. Enfin, je m’étonne de ne pas avoir encore entendu le député Vogel s’insurger en constatant qu’il était possible d’écrire à l’ensemble des députés pour leur dire ce qu’il était opportun de voter.
Si je comprends à 200 % les enseignantes et enseignants, leur désarroi face à cette situation délétère, les classes de 1P/2P accueillent des écoliers et écolières qui ont entre 4 et 6 ans. J’aimerais vous poser la question suivante : pour des enfants de 4 et 6 ans, où sont les parents à qui l'éducation incombe ? Les classes de 1P/2P sont des années de socialisation. Il ne revient pas à l'école de prendre des mesures supplémentaires, mais de mettre les parents devant le fait accompli. Cette pétition met également en lumière l'échec de l'école inclusive : merci à Mmes Lyon et Amarelle de cette superbe réussite ! À l'époque, il existait des classes de développement qui permettaient aux élèves en difficulté de pouvoir acquérir à leur rythme les bases de l'éducation. Je vous invite encore une fois à faire confiance au Conseil d'État et à rejeter cette pétition.
Nous sommes tout à fait conscients de la problématique soulevée par les pétitionnaires. Je déclare mes intérêts comme faisant partie de la commission. Toutefois, j’aimerais aussi vous rappeler des chiffres et les problèmes liés au budget cantonal. Nous avons déjà voté une diminution des impôts (réactions). Nous avons aussi tenu commission concernant le paramédical qui pourrait nous coûter 90 millions. Ici, ce sont 64 millions qui nous sont demandés. Le canton a déjà consenti à un effort de 4'300’000, qui n’est bien entendu pas suffisant à ce jour. Ainsi, j’estime qu'un dialogue entre le Conseil d'Etat et les enseignants de 1P/2P est nécessaire. Il faut trouver des solutions, mais qui s’organisent par paliers et qui soient moins contraignantes. En conclusion, le groupe PLR vous invite à vous abstenir ou à refuser cette pétition, tout en accordant sa confiance complète au Conseil d'Etat qui, j'en suis persuadé, saura trouver la solution à cette problématique.
Beaucoup d’intervenants ont souligné les difficultés rencontrées par les enseignants de 1P/2P – ce que personne ne conteste – notamment en raison de la présence d’enfants ayant des difficultés d’intégration, susceptibles de perturber les classes et nécessitant un encadrement renforcé. Cependant, il me semble que cette problématique doit être abordée de manière plus globale, car ces difficultés d’intégration apparaissent souvent avant même l’entrée en 1P/2P.
Sur ce point, sans vouloir trop m’étendre, mais j’ai défendu un postulat visant à garantir un accompagnement de qualité et respectueux des besoins de ces enfants. Ce sujet a été discuté en commission, où il a reçu un bon accueil, et le conseiller d’État s’est montré ouvert à une réflexion sur cette question. Il me paraît donc essentiel de lui laisser le temps d’examiner l’ensemble des éléments en jeu. À ce stade, engager un financement uniquement pour les 1P/2P serait prématuré. La question doit être envisagée dans une perspective plus large, en amont de la scolarisation obligatoire, afin d’éviter de « mettre la charrue avant les bœufs ». Il ne s’agit pas de minimiser les difficultés des enseignants de 1P/2P, mais plutôt de rappeler que cette problématique concerne l’ensemble du parcours scolaire, ainsi que l’intégration future des élèves dans la vie professionnelle et sociale.
C’est pourquoi je ne soutiendrai pas cette pétition pour l’instant. Le conseiller d’État s’est engagé à se saisir de cette question, et je préfère lui laisser la latitude nécessaire pour une approche plus globale, plutôt que de concentrer les efforts sur un seul volet.
J'ai été enseignant pour des élèves un peu plus âgés, de 14 à 16 ans. Je ne vais pas répéter tous les propos tenus par mes préopinants. Néanmoins, j'ai participé à la Commission des pétitions du 31 octobre 2024, et j’y ai vraiment vu des personnes en souffrance qui nous ont fait part de leur vécu. La plupart des commissaires ont compris leurs problèmes et a soutenu le renvoi de cette pétition au Conseil d'État. Par conséquent, je demande simplement à cette assemblée d’en faire de même.
J'ai participé à cette commission et interviens en mon nom et non en celui du PLR. Je déclare que j'ai été très sensible aux diverses difficultés rencontrées par les enseignantes et enseignants en charge de ces classes 1P/2P. En effet, l'école n'est pas une crèche, et ce n'est guère le rôle des enseignantes et enseignants de changer les couches d'un enfant de 4 ans, de lui enlever sa lolette, voire de lui apprendre les bonnes manières. L'âge précoce d'entrée à l'école péjore l'enseignement. Nous devons donner les moyens au corps enseignant pour qu'il réalise son travail dans de bonnes conditions. Si nous ne le faisons pas maintenant, quand le ferons-nous ? Si un arbre pousse de travers, on n'attend pas qu'il mesure 1,50 m pour lui mettre un tuteur afin qu'il pousse verticalement. Il en va de même pour ces jeunes élèves.
D'emblée, je recommande le soutien à cette pétition pour manifester notre écoute à l'égard des vrais problèmes que rencontrent les enseignants. Néanmoins, j'aimerais aussi prolonger la remarque de M. Bellotti, qui disait : « Où sont les parents ? » A cette question, les parents sont souvent ce qu’ils sont devenus sur le conseil d'éducatrices ou d'éducateurs de la petite enfance, de psychologues, parfois de pédopsychiatres, même de sages-femmes, dont j'ai récemment entendu à la radio les conseils, et qui n'étaient certainement pas de nature à préparer des enfants à être sages à l'école.
Soutenir financièrement les enseignants ne revient pas à résoudre le problème à sa cause ; il faut plutôt interroger ce qui se passe et chercher dans les conseils que des professionnels donnent à des parents, hélas, l'explication à cette détérioration de l'état des petits-enfants.
Comme tous mes préopinants, je suis très sensible à cette question, notamment parce que mon épouse est institutrice en 1P/2P. En revanche, je vous invite clairement non pas à vous abstenir, mais à refuser cette pétition En effet, le rapport de majorité indique clairement que le département est conscient de la problématique, qu’il y travaille et amène des solutions. Quelqu’un a dit que classer cette pétition revenait à en rester là, je pense que ce n'est absolument pas vrai, tout comme le contraire, c’est-à-dire qu’accepter signifierait « nous vous avons entendus ». Je pense que le département a entendu cette problématique, la prend au sérieux, qu’il n'a pas attendu cette pétition pour l'entendre et qu’il travaille à des solutions. En d’autres termes, je vous invite à refuser cette pétition.
J’aimerais simplement rappeler que cette pétition a été signée par 1742 personnes. Il est vrai que d’autres moyens, à d'autres niveaux, pourraient être développés. Toutefois, ne pas soutenir cette pétition, parce que d'autres moyens à d'autres publics doivent être mis en place, n'est pas légitime pour la rejeter. Alors je vous encourage à soutenir cette pétition.
Tout d'abord, je déclare mes intérêts, étant moi-même enseignant au secondaire I et membre du comité du Syndicat des services publics (SSP), région Vaud, l’un des soutiens au collectif qui a lancé cette pétition. Aujourd'hui, notre responsabilité est d'entendre l'appel des enseignantes et enseignants de 1P/2P. Elles et ils nous alertent sur la situation parfois dramatique que connaissent les plus jeunes élèves de notre canton. Elles et ils nous alertent sur les enjeux et sur l'urgence.
Aujourd'hui, il s'agit d'entendre la volonté de simplifier le dispositif, de l'organiser différemment, de limiter la surcharge administrative, de se focaliser sur les groupes pour que les élèves soient mieux soutenus, sans étiquetage chronophage, stigmatisant et contre-productif. Aujourd'hui, nous devons demander au Conseil d'Etat et au Département de l'enseignement et de la formation professionnelle (DEF) de revoir les priorités et d'allouer plus de moyens aux classes 1P/2P. Aujourd'hui, nous devons comprendre que les premières années de la scolarité sont déterminantes pour la suite du parcours, qu'elles sont aussi déterminantes pour notre système de formation. Aujourd'hui, nous devons aussi remercier les milliers de signataires qui s'adressent à nous, des signataires qui ont compris que les mesures prévues par le DEF n'étaient pas à la hauteur. Certains et certaines ont appelé le DEF à agir tout en renonçant à soutenir cette pétition.
Enfin, je vous rappelle qu'il ne s'agit pas d'un amendement au budget, mais bien d'un appel à l'action. Et cet appel à l'action, il ne vient pas de nous, mais des professionnels de terrain. Et notre responsabilité à ce jour est de se saisir de cet appel et de le transmettre au Conseil d'Etat. J'appelle chacun et chacune à bien évaluer son vote. Ne pas soutenir cette pétition, c'est infliger un camouflet au corps enseignant des années 1P/2P, ce qui serait dramatique. Je vous remercie d'avance de manifester fortement votre soutien à ces professionnels en renvoyant cette pétition au Conseil d'Etat.
J'aimerais ici rappeler deux réalités qui ont été transmises par les professionnels dans le cadre de cette pétition. D’une part, une augmentation des situations difficiles à gérer pour les enseignants, une augmentation d'enfants en souffrance qui se traduit par des comportements problématiques, voire de la violence. Et puis, d’autre part, l'aide spéciale allouée pour la rentrée 2024-2025 n'est pas suffisante pour couvrir les besoins sur le terrain. Nous avons la responsabilité de prendre acte de ces réalités et de nous baser sur celles-ci pour déterminer les moyens à allouer, les réponses à apporter. Vous pouvez critiquer l'éducation des parents ; cela ne change pas la réalité du terrain, la réalité vécue par les professionnels et les enfants dans ces classes. Nous devons prendre acte des problèmes sur le terrain et, en tant qu'institution, nous devons apporter des réponses aux professionnels qui viennent nous soumettre ces problématiques. Si la majorité de ce Grand Conseil souhaite faire des économies en limitant les moyens alloués au 1P/2P, nul doute sur le fait que ces économies se répercuteront plus tard parce que les problématiques non réglées entre 4 et 6 ans ne vont pas disparaître d'elles-mêmes comme par magie. Elles vont au mieux perdurer, au pire se renforcer. Cette prise en charge insuffisante au niveau des moyens continuera à se répercuter notamment sur les conditions de travail et engendrera des coûts bien plus importants que des mesures qu'on peut considérer préventives, vu l'âge de ces enfants.
En outre, nous avons réellement tout à perdre à refuser cette pétition et tout à gagner à l'accepter. Je pense que nous devons baser notre réflexion sur les besoins du terrain. On peut critiquer le fait qu'il y ait une augmentation des comportements problématiques chez les enfants, bien que je considère que les causes sont peut-être un peu plus complexes que ce que nous avons entendu aujourd'hui ; dans tous les cas, elles existent. Je vous demande simplement de prendre en considération les demandes des professionnels. Poser un cadre, que ce soit en termes de budget ou en termes de mesures qui soient adaptées aux réalités de ces classes retourne de notre responsabilité.
Mme Minacci a parlé des réalités du terrain. Or, je ne comprends pas de quel terrain il est question. A-t-on procédé à une segmentation ? A une analyse ? D'où viennent les problèmes ? Est-ce plutôt lié aux villes ou aux campagnes, ou au deux ? En effet, il me semble qu’il s’agirait pour résoudre ce genre de problèmes de peut-être comprendre la dimension géographique, voire sociale de ces problématiques. Je sais que les questions de transparence peuvent à gauche s’avérer compliquées… je me rappelle d'un débat où un député de gauche m'avait dit que la transparence posait problème. Or, je crois que pour résoudre des problèmes, il faut connaître la réalité ainsi qu’une analyse en termes géographiques ou socioculturels. Cela pourrait aider à gérer cette problématique sans aller dans une logique de distribution d'argent à tout va.
Non pour nier l’existence du problème, mais, car il me paraît mal identifié, je vais refuser cette pétition. En outre, je crois qu'il faut aussi faire confiance à la politique d'alignement que mène le conseiller d'Etat, M. Borloz, relativement à une école qui a obéi à une logique quelque peu étonnante ces dernières années, mais qui, sous l'impulsion d'une personne de droite, est en train de se raligner sur des principes un peu plus pragmatiques. Par conséquent, je vais refuser cette pétition, parce que je crois qu’une politique cohérente se met en place et qu'il faut lui en laisser le temps.
Je déclare mes intérêts comme enseignant au gymnase, mais j’ai aussi travaillé avec des 3-4P pendant trois ans, il y a fort longtemps. À l’époque, je n’avais pas autant de cas compliqués qu’aujourd’hui. Je précise aussi que je ne fais pas partie d’un syndicat, contrairement à ce que M. Cardinaux semblait suggérer. Vous m’avez demandé pourquoi je ne m’énervais pas à propos de la demande envoyée avec la pétition. A mon sens – mais peut-être que je me trompe – un syndicat, ce n’est pas une association à but lucratif qui dispose de 240 millions à distribuer chaque année. Donc, forcément, ça change un peu la donne.
Je ne crois pas avoir été à l’écoute de toutes les demandes des syndicats… il est vrai que les enseignants – même si cela relève quelque peu du cliché – ont tendance à râler. Néanmoins, informez-vous auprès des enseignant-e-s de 1P/2P, car tous les échos que j’ai réunis évoquaient la même chose : ils étaient catastrophés par la situation. Tous. Il faut reconnaître qu’il y a un vrai problème. L’école dite inclusive ne doit pas exclure les enseignants. En effet, comme certains l’ont relevé, les parents ont un rôle à jouer. Sur le principe, il n’incombe pas à l’école d’éduquer les enfants, mais aux parents de s’y employer. L’école est là pour aider, pour accompagner un peu, mais elle ne peut pas se substituer aux parents. Cela dit, ce n’est pas en ne donnant aucun moyen à l’école que les parents vont soudainement mieux éduquer leurs gosses !
Ensuite, on nous dit qu’il ne faut pas grever le budget. Je suis plutôt aligné avec cette idée. Cependant, entre les profs en burn-out, ceux qui démissionnent, ceux qui quittent le métier et qu’on doit ensuite reformer à la Haute école pédagogique (HEP) pour les remettre dans le circuit… Si on ne regarde que l’aspect budgétaire, sans même parler des individus, ça va finir par coûter plus cher, tout simplement.
Ensuite, on entend dire qu’il ne faut pas « mettre la charrue avant les bœufs ». Franchement, je ne sais pas si faire quelque chose signifie vraiment mettre la charrue avant les bœufs. Néanmoins, je rejoins certaines critiques : à l’évidence, nous ne révolutionnerons pas l’école avec cette pétition. Le Conseil d’État fera ce qu’il veut – à son habitude. Je pense qu’il a néanmoins bien compris le message.
Enfin, je note que celles et ceux qui répètent qu’il faut toujours faire confiance au Conseil d'Etat, lui font un peu moins confiance lorsqu’il s’agit de tirer sur les loups ! Je vous encourage à soutenir cette pétition, bien qu’elle ne résolve pas tout…cela n’ira pas mieux. Quant à la technique de l’arrosoir, je ne suis pas convaincu non plus que cela soit la panacée. Cependant, ne pas soutenir cette pétition enverrait un très mauvais – voire catastrophique – message aux enseignant-es de ces classes 1P/2P, qui se défendent en général d’ailleurs moins bien que les autres.
La situation décrite par les pétitionnaires est très inquiétante, nous met face à la réalité d'une évolution sociétale pour laquelle le cadre classique du modèle d'enseignement n'est plus adapté. M. Pernoud l'a dit : le modèle ne répond plus aux besoins. Les pétitionnaires amènent des propositions. Monsieur Cardinaux, il ne s’agit pas de cogestion, mais simplement d’un appel à l'aide, des propositions de personnes qui vivent cette situation au quotidien, des spécialistes de la question, de l'enseignement qui amènent des mesures concrètes et pragmatiques qui me semblent tout à fait appropriées et judicieuses de soutenir par le biais de cette pétition. Si je rejoins M. Vogel quant aux commentaires de M. Belotti sur le rôle des parents, je peine à saisir l’intérêt de cette observation. En effet, aujourd'hui, nous sommes confrontés à un problème, et des besoins sont relevés. Ainsi, parler du rôle des parents peut être pertinent, mais cela ne résoudra pas le problème. Nous devons réagir et mettre en place des mesures pour les 1P/2P. En outre, ce n’est guère en montrant du doigt les principes d’éducation des parents que nous parviendrons à faire évoluer la situation.
Enfin, monsieur Moscheni, je trouve votre approche un peu surprenante. Essayer de cliver le débat entre ville et campagne sur cette question des classes 1P/2P me paraît erroné. Si je ne suis pas particulièrement enclin à citer mon cadre privé dans les débats, j’aimerais toutefois dire que ma fille est en 3P à la Vallée de Joux, et je peux vous assurer, ce qui s’y passe en 1P/2P ne semble pas simple du tout. La question consiste plutôt à savoir où sont les besoins et comment y répondre. Ainsi, envoyer cette pétition au Conseil d'État constitue déjà un premier pas dans cette direction.
Je rejoins volontiers les propos de mon collègue, chef de groupe, M. Suter, qui recommande d’accorder notre confiance au département et au Conseil d'État. En effet, dans le fond, l’enseignement est un grand bateau qui représente quasiment un tiers du budget du canton. La demande des enseignants et des pétitionnaires porte sur des moyens supplémentaires de l'ordre de 64 millions. Et, quand j'entends mon collègue Eggenberger, je me demande pourquoi il n'a pas déposé des objets pour soutenir ces enseignants ? Je suis conscient de la difficulté que rencontrent les enseignants, même si en tant que parlementaire ma vision de leur tâche est limitée. Ensuite, je ne rejoins pas mes collègues Vogel ou Haury quant à leur souhait de soutenir la pétition. En effet, accepter cette pétition équivaut à une fausse promesse. M. Haury, lui, est favorable à la diminution de 12 % sur les impôts de notre canton. Par conséquent, j’estime qu’il s’agit de se montrer respectueux, honnêtes, sincères avec nos citoyennes et citoyens, mais aussi avec les pétitionnaires. Nous ne devons pas tenir un double langage, dire des mensonges à la population.
Pour ma part, monsieur Borloz, nous n’avons pas toujours été d'accord. Contrairement à M. Miauton, vous n'êtes pas mon conseiller d'Etat favori… mais vous l’êtes quand même puisque l’autre était de gauche ! Je vous fais confiance tout comme à votre administration pour pouvoir changer les règles et soutenir ces enseignant-es sans dire de mensonges à notre population.
Madame Minacci, je vous ai bien entendue, selon vous, cette pétition permet de se pencher sur la question. Or, comme l’a rappelé M. Zwahlen, les problèmes sont connus, identifiés et déjà pris en charge par le département. Laissons donc ce dernier travailler sans accepter cette pétition. Selon moi, refuser cette pétition ne signifie pas rejeter le message qu’elle porte, mais plutôt éviter d’ouvrir la porte à d’autres demandes, car des besoins, il y en aura toujours. Monsieur Bonvin, j’ai bien entendu votre inquiétude quant aux situations difficiles que rencontrent les enfants en 1P/2P. Mais ces situations lourdes existent aussi ailleurs : chez les réfugiés – comme nous l’avons évoqué ce matin – chez les personnes malades, en situation de handicap, âgées, et bien d’autres encore. Aujourd’hui, le Conseil d’État doit faire des arbitrages et s’efforce d’apporter des réponses à travers différentes politiques publiques et propositions de lois. Accepter cette pétition reviendrait à ouvrir la porte à d’autres revendications, mais la refuser ne signifie en aucun cas nier l’existence des problèmes, mais bien laisser le département poursuivre son travail.
Par ailleurs, nous avons vu aujourd’hui des personnes nous distribuer des tracts pour soutenir cette cause. Pourtant, on nous répète que ces enfants ont besoin de personnel sur le terrain. Alors pourquoi certains enseignants préfèrent-ils distribuer des tracts plutôt que d’être auprès des élèves ? Où est leur métier ? Où est leur bon sens ? Je suis réellement surprise. Aujourd’hui, je peine à comprendre pourquoi les personnes qui nous ont distribué ce courrier nous remercient d’avance d’accepter cette pétition, sous prétexte qu’elle a été largement acceptée par la commission. Si tel est le cas, s’il n’y a pas de véritable débat, alors mesdames et messieurs, restez auprès des enfants qui en ont besoin, surtout lorsqu’on sait qu’il manque de personnel, plutôt que de venir solliciter les députés. Vous pouvez me huer, si vous le souhaitez, mais en ce qui me concerne, je connais le sens de ma mission, notamment dans le cadre de ma profession. Si l’appel à l’action est légitime, il doit se faire dans le dialogue et la collaboration. Or, le Conseil d’État a déjà ouvert cette porte. Il ne s’agit pas seulement de revendiquer, mais aussi de construire ensemble. J’ai parfois le sentiment que dans le cadre de l’État, une certaine culture d’entreprise devrait changer : chacun doit avant tout se recentrer sur sa mission plutôt que de se focaliser uniquement sur ses propres conditions. Tous les professionnels, dans tous les secteurs, expriment des besoins.
Enfin, concentrons-nous sur une analyse approfondie et nécessaire de cette profession et laissons le Conseil d’État poursuivre le travail qu’il a déjà engagé. Travaillons en concertation avec les professionnels, sans ouvrir la porte à une multitude d’autres revendications. Car aujourd’hui, les élèves et enseignants de 1P/2P ne sont pas les seuls à connaître des situations compliquées. Montrons par nos débats que nous nous soucions réellement de leur situation. Et je suis certaine que M. le conseiller d’État nous rappellera que leur situation est préoccupante, mais déjà intégrée au plan d’action du Conseil d’État, au même titre que bien d’autres. Gardons à l’esprit que notre priorité doit rester l’ensemble des Vaudoises et des Vaudois qui, eux aussi, ont besoin de soutien.
Merci, monsieur Berthoud, d’avoir clairement exposé les conséquences qu’entraînerait une baisse de 12%. Personnellement, je ne la soutiendrai pas, car elle pourrait avoir un impact significatif sur les effectifs scolaires. Pour ma part, je soutiendrai cette pétition pragmatique. J’ai particulièrement apprécié la vision des enseignants, qui sont des personnes de terrain. Envoyer cette pétition au Conseil d’État ne signifie pas remettre en cause son travail, mais plutôt affirmer la volonté du Grand Conseil de soutenir les démarches déjà entreprises et d’aller encore plus loin.
Concernant les effectifs de classe, la moyenne en Europe est de 13,3 élèves pour trois enseignants, un chiffre bien inférieur à celui que nous connaissons ici. Par ailleurs, l’entrée en scolarisation obligatoire se situe généralement entre 6 et 7 ans. Une enquête quantitative de grande envergure menée par l’université d’Harvard a démontré que la réduction du nombre d’élèves par enseignant améliore le niveau scolaire, et cet effet est d’autant plus marqué dès le plus jeune âge.
En conclusion, accepter cette pétition représente donc un véritable investissement, dont les bénéfices se traduiront par des économies à long terme. Je vous remercie de bien vouloir la soutenir.
Permettez-moi, en tant que rapporteur, de constater que certaines prises de parole sous-estiment le sérieux de la situation. La commission a entendu tant les pétitionnaires que la direction de l'enseignement obligatoire. Et, si la plupart des commissaires, de droite comme de gauche, se sont convaincus qu'il faut agir dans une plus grande ampleur, c'est que tous les professionnels parlent d'une seule voix. Les moyens continuent de manquer ; des classes sont perturbées, l'enseignement est mis à mal au point de prétériter l'avenir d'une génération d'enfants. La commission vous invite à transmettre cette pétition au Conseil d'Etat.
L’un de mes préopinants a affirmé que « notre école est malade ». Je ne partage pas du tout cette opinion. Notre école n’est pas malade. Nous avons des milliers d’élèves qui suivent leur scolarité, qui, certes, n’ont peut-être pas connu ce système de 1P/2P parce qu’il n’existait pas encore, mais qui arrivent au bout de leur parcours, qui apprennent, qui avancent, et pour qui tout se passe bien.
Pour moi, les pétitionnaires se trompent complètement de cible en adressant cette pétition au Conseil d’État. Ce n’est pas à lui qu’il faut s’adresser, mais aux parents. Parce que si les enfants arrivaient à l’école avec une meilleure éducation de base, plus aptes à évoluer dans une institution publique, on n’en serait peut-être pas là. Tant qu’ils ne sont pas capables de se gérer, alors peut-être faut-il d’abord les garder à la maison et leur donner ce cadre éducatif avant de les envoyer à l’école.
On ne fait que reporter le problème en réclamant des millions au Conseil d'Etat ! En quoi ces millions vont-ils réellement changer la situation ? Cela ne va pas éduquer les enfants, les crapauds resteront toujours des crapauds ! (Rires et réactions.) Nous faisons complètement fausse route. Le problème doit être traité à la base, il faut aller dire aux parents qu’ils éduquent leurs enfants avant de les envoyer à l’école !
Je me permets simplement de rappeler que le budget 2025 de la DGEO équivaut à plus d'1,5 milliard, une augmentation par rapport aux comptes de 2023 de plus de 100 millions. Par conséquent, difficile de dire qu’il n’y a pas d’effort consenti de la part du canton et du Conseil d'Etat. A titre personnel, je vais refuser cette pétition. Enfin, je rassure M. Vogel, je continue à estimer que le Conseil d'Etat ne fait pas son boulot dans la gestion du loup ! (Rires.)
Il s’agit de redire que l’école est obligatoire ; et doit le rester. Refuser cette pétition équivaut à ne pas reconnaître les difficultés décrites et refuser d'entrer en dialogue avec les enseignants qui subissent ces situations alarmantes. Au contraire, la renvoyer permet de reconnaître et ouvrir la porte, chercher des solutions à ces situations problématiques exprimées, décrites et dénoncées et auxquelles il s’agit de trouver des solutions. En d’autres termes, je vous remercie de renvoyer cette pétition au Conseil d'Etat.
Monsieur le conseiller d’Etat, apparemment, on attend de vous confirmation ou infirmation sur le suivi de cette problématique. J'entends bien les difficultés relatives à 1P/2P, j'ai d’ailleurs des petites filles et eu trois enfants avant. Ma petite-fille qui a 6 ans est en effet en plein dedans. Effectivement, il y a des soucis. Moi, ce que j'aimerais simplement vous demander, monsieur le conseiller d'Etat – puisque vous avez 3 mois pour répondre si on vous renvoie la pétition, comme le prévoit la Loi sur le Grand Conseil – pouvez-vous répondre en 3 mois à toutes celles et ceux qui ont ces soucis sans qu'on vous renvoie la pétition ? C'est tout ce que j'ai à vous demander.
Monsieur le président, c’est à vous que je m’adresse. J’ai été choquée par les propos entendus, en particulier lorsqu’on traite les enfants de « crapauds ». J’en appelle à votre rôle de président pour réagir.
Les discussions ont été vives et relativement intéressantes, même si je suis toujours embarrassé lorsqu’on dit que l’école va si mal. Je trouve qu’il n’est pas très respectueux d’affirmer, par exemple, qu’un enseignant sur deux part en burn-out ; ce n’est tout simplement pas vrai. Ce sont des choses qu’on entend, qu’on répète, mais qui ne reflètent pas la réalité. Aujourd’hui, je crois que nous pouvons compter sur les enseignantes et enseignants vaudois. Les enfants ont la chance d’avoir de bons professeurs, comme on dit, et les parents peuvent s’appuyer sur un véritable partenariat avec l’école.
Ma responsabilité – d’hier, d’aujourd’hui et de demain – est de garantir le bon fonctionnement de la chaîne de formation, de la 1P jusqu’aux doctorants à l’université. Cette chaîne est complexe et, comme je l’avais déjà expliqué lors du débat sur le budget, j’ai pris le temps d’exposer en détail les enjeux de cette pétition et les défis auxquels nous faisons face, notamment en lien avec l’école inclusive. C’est une préoccupation majeure, et nous en sommes parfaitement conscients.D’ailleurs, les pétitionnaires ont déposé un texte qui, dans le fond, ne fait que confirmer ce que nous avions déjà identifié et annoncé comme l’une de nos priorités. Le processus suit donc son cours, dans le bon ordre. En 2023, après une tournée assez vaste – certes pas exhaustive, mais représentative – des établissements scolaires, et après de nombreuses rencontres avec des enseignants, certaines problématiques évidentes ont émergé. Et nous les avons prises en compte. Ces problématiques concernent, pour la plupart, mais pas uniquement, l’ensemble de la scolarité obligatoire, qui est aujourd’hui sous pression. J’y reviendrai. Mais elles touchent particulièrement l’entrée en scolarité, avec les classes de 1P et 2P, ainsi que les dernières années, où l’âge et le comportement des élèves s’ajoutent à des difficultés déjà présentes. Les troubles divers rendent les classes de plus en plus complexes, et nous avons bien identifié ces défis, notamment pour l’entrée à l’école. D’ailleurs, dès la rentrée 2023, ces problématiques ont été clairement annoncées. Et, bien sûr, il y a toujours un délai – souvent long, malheureusement – entre l’annonce des mesures et leur mise en place effective. Mais pour remettre les choses en perspective, et pas seulement à travers le chiffre de 4,3 millions qu’on entend souvent, il faut rappeler que ce sont en réalité 12 millions qui ont été investis pour répondre aux préoccupations soulevées dans cette pétition.
J’en profite pour faire une petite parenthèse, avec tout le respect que je dois aux enseignants : il est toujours préférable, avant de lancer une pétition, de venir en discuter directement avec moi. Cela permettrait peut-être d’ajuster certains éléments en amont et d’éviter un débat qui oblige tout le monde à se positionner sur une problématique déjà largement reconnue et prise en charge par le département.
Répondre à cette problématique ne s’avère pas si simple. La pétition avance des propositions, certes, mais – et je ne cherche à rejeter la faute sur personne – il est essentiel de comprendre ce qui se passe avant l’entrée en scolarité pour apporter une réponse réellement efficace. Parce qu’il ne s’agit pas simplement d’aligner des millions sans être en mesure de garantir des résultats. Et ça, je le sais bien. Il ne sert donc à rien de tergiverser ni de faire miroiter des solutions ou des promesses qui, dans les faits, ne pourront pas se concrétiser. Si 12 millions ont déjà été investis et que l’on estime que ce n’est toujours pas suffisant, alors la vraie question est : que se passe-t-il véritablement ?
Et, pour cela, il faut identifier en amont de l’entrée à l’école, les causes, afin de les comprendre et de les corriger. D’agir de manière cohérente. Même si mon propos est caricatural, deux enseignants par classe règleront-ils le problème ? Et si ce n’est pas le cas, ensuite, ce sera trois. Nous devons donc nous interroger : dans quelle mesure un deuxième enseignant est-il réellement nécessaire ? À quel moment ? Pour quel type de situation ? Avec quelle formation ? Et surtout, comment peut-on agir en amont pour limiter ces difficultés dès le départ ? Notre société se complexifie, et l’école, inévitablement, suit cette évolution. Dans mon département, nous sommes pleinement conscients qu’il est indispensable, à tous les niveaux, de trouver une réponse adéquate pour maintenir – et je dis bien maintenir, pas forcément faire mieux – le niveau d’enseignement auquel les représentants politiques, les parents et les citoyens sont en droit de s’attendre de l’école vaudoise.
Dans ce contexte, que vous renvoyiez cette pétition ou non, cela ne changera absolument rien à ce que nous sommes déjà en train de mettre en œuvre. Pourquoi ? Parce que l’étude et l’analyse de la situation sont en cours, parce que des moyens conséquents ont été déployés en 2024, et parce que nous continuerons, lors de la prochaine rentrée scolaire, à annoncer de nouvelles mesures. Répondre à cette problématique est non seulement notre responsabilité, mais aussi un impératif pour garantir une école vaudoise de qualité.
Oui, notre école est de qualité aujourd’hui, mais il est vrai que de nombreuses personnes subissent une pression anormale, en raison de comportements de plus en plus difficiles à gérer en classe. Trouver une réponse à cette situation passe sans doute par un renforcement des collaborations avec les structures préscolaires, mais aussi avec les familles, afin de mieux impliquer les parents et de leur transmettre des informations plus adaptées. Notre système est-il aujourd’hui insatisfaisant ? Peut-être. Peut-être pas. Mais ce qui est certain, c’est que nous devons l’évaluer – et c’est précisément ce que nous sommes en train de faire.
Et puisque ce débat est retransmis à la télévision, je veux m’adresser directement aux enseignants, qui nous écoutent sans doute nombreux : nous travaillons pour que l’école vaudoise fonctionne, et vous êtes une partie essentielle de cette école. Vous devez pouvoir exercer votre métier dans de bonnes conditions. Quant aux élèves et aux parents, il est aussi important de les rassurer. Un député l’a rappelé : il ne faut pas oublier tous les élèves qui vont bien, qui ne posent pas de problème. Il est vrai que les perturbations constatées aujourd’hui dans les classes de début de scolarité – et pas uniquement, mais en particulier – affectent l’ensemble des élèves. À tous les parents, sachez que c’est notre responsabilité, et que ni les services concernés ni le département ne laisseront cette problématique sans réponse. Cependant, soyons conscients que de baguette magique il n’y a pas. Il n’y a pas une seule mesure qui réglera tout. Ce sera, comme souvent, un ensemble d’actions, peut-être de petits ajustements, qui permettront de stabiliser la situation.
Quant à l’urgence, nous en sommes bien conscients. Tout devrait aller vite ; nous devrions avancer au galop – et c’est bien le rythme que nous adoptons. Mais face à la complexité de la situation, il est aussi essentiel de prendre le temps nécessaire pour apporter des réponses solides et durables. Alors, est-ce que cela sera réglé en trois mois ? Je ne peux pas le garantir. Ce que je peux vous dire, en revanche, c’est que l’année est déjà bien engagée, que la prochaine rentrée est à nos portes, et que nous avançons.
Si nous avons déjà des pistes concrètes, ce sera l’occasion d’organiser des rencontres – qu’on les appelle table ronde ou table carrée, peu importe, ce qui compte, c’est qu’on se réunisse – pour discuter des mesures proposées, s’assurer qu’elles répondent aux attentes du terrain et obtenir l’adhésion des acteurs concernés. Il faudra travailler avec tous les partenaires du préscolaire pour construire ensemble des solutions et sortir progressivement de ces difficultés croissantes.
En d’autres termes et en conclusion, nous avons entendu ce cri d’alarme ; nous y travaillons, et des réponses seront apportées.
Monsieur le conseiller d'Etat, je réagis à vos propos qui n’ont pas manqué de me surprendre. Vous vous offusquez des constats de vos propres employé-e-s, des constats qui vous ont été rapportés de différentes manières, pas seulement par le biais de cette pétition. J'aurais plutôt apprécié que vous assuriez ces professionnels que vous accueillez cette pétition avec respect et intérêt et que vous allez y répondre avec toute votre énergie.
J'aurais aussi aimé que vous reconnaissiez l'utilité et l'urgence de la démarche, que cette pétition qui vous invite à l'action vous encourage à confronter les solutions. Aujourd'hui, nous ne votons pas une loi, pas une mesure unique et miracle, mais une pétition qui vous donne une marge de manœuvre dans la réponse à apporter. Et plutôt que de vous offusquer des appels à renforcer l'école, j'aurais aussi aimé que vous dénonciez les propos outranciers envers les parents d'élèves et les enfants. Et plutôt que de reprendre les propos de café du commerce, j'aurais aussi aimé que vous déclariez avec force et conviction que vous n'entendiez pas remettre en cause le caractère universel et obligatoire de notre école. Pour les enfants de ce canton, par respect pour les professionnels qui s'adressent à nous, je vous invite à renvoyer cette pétition au Conseil d'État.
Monsieur le député, soit vous n'avez pas écouté ce que j'ai dit – mais bon, visiblement votre déclaration a été préparée avant que je m'exprime, puisque vous l'avez lue – soit elle est parfaitement déplacée par rapport à mes propos.
La discussion est close.
Le Grand Conseil refuse la prise en considération de la pétition par 65 voix contre 62 et 2 abstentions.
Je demande un vote nominal.
Retour à l'ordre du jourCette demande est appuyée par au moins 20 membres.
Celles et ceux qui soutiennent le renvoi de la pétition au Conseil d'Etat votent oui ; celles et ceux qui s’y opposent votent non ; les abstentions sont possibles.
Au vote nominal, le Grand Conseil refuse la prise en considération de la pétition par 66 voix contre 62.
*insérer vote nominal