24_HQU_138 - Question orale Anna Perret au nom les Vert.e.s - Burnout dans le canton de Vaud : les cas augmentent, des structures ferment.
Séance du Grand Conseil du mardi 10 décembre 2024, point 3.8 de l'ordre du jour
Texte déposé
Le 29 novembre, l’organisation Travail.Suisse présentait les résultats 2024 de leur projet « Baromètre Conditions de travail ». Le baromètre montre un niveau toujours plus alarmant de stress et d’épuisement des travailleurs·ses en Suisse.
Dans notre canton, ce sont 30% des Vaudois·es qui souffrent d’épuisement physique et émotionnel au travail, facteur de risque de burnout. C’est 8% de plus que la moyenne suisse.
Dans ce contexte, l’association Kerma pour la prévention et l’accompagnement du burnout a ouvert ses portes à Morges en février 2024. Ce projet bénéficie de la reconnaissance d’institutions comme les ORP et Unisanté. Malgré son succès, qui témoigne de l’importance de la demande, l’association est menacée de disparition faute de moyens financiers.
Face à cette situation paradoxale, je m’interroge sur le plan d’action de l’Etat de Vaud : Ce dernier compte-t-il répondre à l’immense problématique du burnout dans le canton en soutenant des associations de terrain comme Kerma ?
Transcriptions
Question orale Anna Perret au nom les Vert.e.s – Burnout dans le canton de Vaud : les cas augmentent, des structures ferment (24_HQU_138)
Le 29 novembre, l’organisation Travail.Suisse présentait les résultats 2024 de son projet « Baromètre Conditions de travail ». Le baromètre montre un niveau toujours plus alarmant de stress et d’épuisement des travailleurs·ses en Suisse.
Dans notre canton, ce sont 30 % des Vaudois·es qui souffrent d’épuisement physique et émotionnel au travail, facteur de risque de burnout. C’est 8 % de plus que la moyenne suisse.
Dans ce contexte, l’association Kerma pour la prévention et l’accompagnement du burnout a ouvert ses portes à Morges en février 2024. Ce projet bénéficie de la reconnaissance d’institutions comme les ORP et Unisanté. Malgré son succès, qui témoigne de l’importance de la demande, l’association est menacée de disparition faute de moyens financiers.
Face à cette situation paradoxale, je m’interroge sur le plan d’action de l’Etat de Vaud : Ce dernier compte-t-il répondre à l’immense problématique du burnout dans le canton en soutenant des associations de terrain comme Kerma ?
L'Etat de Vaud entreprend différentes démarches visant à lutter contre les troubles psychiques liés aux activités professionnelles. Ces troubles peuvent revêtir plusieurs formes allant du stress aux pathologies aboutissant à l'épuisement professionnel ou au burn-out. Le canton subventionne de nombreuses prestations dans le canton, à travers le contrat de prestations établies avec Unisanté, notamment par le département Santé, travail et environnement. Ce soutien permet de déployer des interventions ciblées, telles que des prestations en entreprise et des consultations individuelles. Unisanté offre aux entreprises un large éventail de services : médecine du travail, promotion de la santé, formation, bilan cardiovasculaire, activité physique et prévention des risques professionnels comme ergonomie, gestion des risques psychosociaux, évaluation des expositions. Ces prestations sont enrichies par des formations spécifiques comme la prévention des troubles musculosquelettiques, du stress ou des risques psychosociaux.
Des formations spécifiques sont également déployées sur le territoire vaudois à destination des entreprises par l'Office de l'assurance invalidité en collaboration avec SantéPsy. Ce partenariat vise à sensibiliser et à outiller les employeurs et employés, notamment face aux risques psychosociaux. Par ailleurs, lorsque les soutiens font défaut au sein d'une entreprise, les travailleurs et travailleuses peuvent également signaler les situations problématiques aux autorités de surveillance du marché du travail. Ces dernières, dépendant de la Direction générale de l'emploi et du marché du travail (DGEM) et de l'Inspection du travail de la Ville de Lausanne, sont susceptibles d'intervenir dans l'entreprise afin de vérifier que cette dernière a effectivement et correctement pris les mesures relatives aux risques psychosociaux liés aux activités des travailleurs. Ces mesures s'inscrivent plus globalement dans l'éventail des mesures obligatoires visant à préserver la santé au travail.
A défaut de disposer de ressources internes leur permettant de répondre à ces exigences, les entreprises peuvent faire appel à des organismes externes pour les aider dans ces démarches. La DGEM ne dispose toutefois pas de ressources lui permettant de soutenir directement des acteurs privés ou associatifs, tels que Kerma, qui fourniraient cette aide. De son côté, la Direction générale de la santé, dans le cadre de son Plan stratégique de santé publique 2024-2028, a défini plusieurs axes visant à améliorer la santé mentale et les conditions de travail. L'objectif stratégique 1.1.4 du plan prévoit de renforcer la promotion de la santé au travail et la prévention des risques pour améliorer la qualité de vie et le bien-être de la population active. Cependant, tout engagement financier direct auprès de structures est évalué dans un cadre global, prenant en compte les ressources déjà allouées ainsi que les réflexions en cours sur un dispositif à large échelle dans le canton de Vaud.
Je vous remercie, madame la conseillère d'Etat, pour ces éléments de réponse. Ce qui me préoccupe beaucoup, c'est la disparition de cette association, ainsi que potentiellement d'autres structures qui fournissent un travail essentiel, compte tenu de l'ampleur du phénomène et du problème en question. Ce phénomène se reflète d'ailleurs dans la fréquentation de ce lieu. Je crains que ces structures n'arrivent plus à poursuivre leur mission, faute de moyens. Pour ma part, je considère que ce serait un véritable gâchis de perdre de telles structures alors qu’on en a besoin, et cela m'inquiète vivement. Aussi, j'aimerais savoir si cette situation suscite également votre inquiétude.
Retour à l'ordre du jourPour nous, l'essentiel est que cette problématique soit abordée de manière globale, en particulier dans le cadre du Plan stratégique de santé publique que j'évoquais tout à l'heure et qui relève de la responsabilité de ma collègue. En ce qui me concerne, au sein de mon département et avec la DGEM, nous nous efforçons d'accompagner les personnes confrontées à cette situation, notamment dans le cadre des Offices régionaux de placement (ORP). En général, la prestation que nous proposons est plutôt orientée vers un accompagnement à long terme, plutôt qu'une simple permanence téléphonique, comme le font certaines des associations que vous mentionnez. C’est dans cette perspective à long terme que nous nous inscrivons, notamment dans le cadre des ORP, avec pour objectif une insertion sur le marché du travail.