24_HQU_7 - Question orale Nicolas Bolay - Loup y est tu ?.

Séance du Grand Conseil du mardi 23 janvier 2024, point 3.8 de l'ordre du jour

Texte déposé

Je me réfère aux communications du groupe "info loup". Depuis le premier novembre 2023, diverses attaques ont eux lieu sur des troupeaux en zone SAU et même aux abord directs des exploitations.

1.11 une génisse

10.11 une génisse

24.11 7 brebis

10.1 2 brebis

15.1 2 brebis

Les attaques ont lieu dans diverses régions du canton. Les agriculteurs sont sur les dents, car même pendant la période hivernale, où les animaux sont à proximité des fermes, il y a des attaques régulières.

 

J'ai l'honneur de poser la question suivante,

 

Comment le Conseil d’État pense-t-il corriger la gestion du loup ?

Transcriptions

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M. Nicolas Bolay (UDC) —

Question orale Nicolas Bolay – Loup y est tu ? (24_HQU_7)

J’annonce en premier lieu mes intérêts : je suis agriculteur, détenteur de bétail, bovin et ovins. Je me réfère aux communications du groupe Info-Loup. Depuis le 1er novembre 2023, diverses attaques ont eu lieu sur des troupeaux en zone SAU – équivalent de la plaine par rapport aux alpages – et même aux abords directs des exploitations. Le 1er novembre : une génisse ; le 10 novembre : une génisse ; le 24 novembre : 7 brebis ; le 10 janvier : 2 brebis ; le 15 janvier : 2 brebis. Les attaques ont eu lieu dans diverses régions du canton. Les agriculteurs sont sur les dents, car même pendant la période hivernale où les animaux sont à proximité des fermes, il y a des attaques régulières. J’ai donc l’honneur de poser la question suivante : comment le Conseil d’Etat pense-t-il corriger la gestion du loup ?

M. Vassilis Venizelos (C-DJES) — Conseiller-ère d’Etat

En préambule, le Conseil d’Etat est parfaitement conscient de la difficulté que peuvent rencontrer les éleveurs sur ce dossier et déploie toute sa force et son intelligence pour trouver des solutions équilibrées à travers les différentes mesures portées par le Plan d’action loup. Si la majorité des prédations sur des animaux de rente se déroulent chaque année de la fin du printemps au début de l’automne, de telles prédations peuvent également survenir durant les mois les plus froids, à plus basse altitude. Les mesures de protection des animaux de rente sont essentielles et, selon l’Ordonnance sur la chasse, raisonnables pour le menu bétail et les veaux durant les 14 jours de vie sur les alpages à la belle saison et à proximité des fermes durant la saison froide.

Pour rappel, la gestion du loup – en particulier les conditions de régulation – est définie par le droit fédéral, dont l’Ordonnance sur la chasse révisée et entrée en vigueur le 1er décembre 2023. Il ouvre deux possibilités de régulation de loup dans les meutes. Tout d’abord, une régulation proactive afin de prévenir les dégâts au bétail, du 1er septembre au 31 janvier, et une régulation réactive lorsque les seuils de dégâts sont atteints, du 1er juin au 31 août.

En matière de tir de loup isolé, les cantons peuvent décider, à n’importe quel moment de l’année, d’un tir si un certain quota de dégâts au bétail est atteint. Ainsi, en matière de régulation de meute, le Canton de Vaud vient d’effectuer le tir d’un mâle dans la région de Montricher, dans le cadre d’une régulation proactive de la meute du Mont Tendre. Le Canton de Vaud dispose aussi d’une autorisation de tir, selon le droit fédéral qui a prévalu avant la modification du 1er décembre 2023, de deux jeunes de la meute du Risoux, à mettre en œuvre d’ici au 31 mars 2024. Il avait également tiré, en septembre dernier, deux jeunes de la meute du Mont Tendre.

S’agissant des attaques causées par des loups isolés, les seuils minimaux d’animaux de rente tués ou blessés gravement ne sont, à ce jour, pas atteints au sens de l’article 9 bis de l’Ordonnance fédérale. Ces seuils sont les suivants : 25 animaux de rente caprins ou ovins en quatre mois, ou 15 animaux de rente en un mois, ou un bovidé. Ainsi, cinq ovins ont été prédatés par le loup au cours des quatre derniers mois dans la région de Servion et environ. Par ailleurs, trois ovins ont été prédatés dans l’est du canton – Ollon et Ormont-Dessous – et aucune prédation n’a été constatée dans la région de La Broye au cours des quatre derniers mois.

A noter que si des tirs de loups peuvent faire temporairement et localement baisser les attaques sur des animaux de rente, ils ne constituent pas une solution à eux seuls pour éviter durablement ces prédations. Il reste donc indispensable de protéger les animaux de rente et c’est le sens de la stratégie cantonale déployée depuis plusieurs mois maintenant, notamment à travers le plan d’action loup qui s’appuie sur la régulation pratiquée dans le canton, mais aussi sur la protection des troupeaux et les mesures visant à mieux connaître et comprendre le comportement des meutes.

M. Nicolas Bolay (UDC) —

Si je me réfère à mes données, le 1er novembre et 10 novembre, il y a eu des attaques sur deux génisses, ce qui correspond au seuil de l’attaque d’un bovin. Si un loup est identifié comme étant le responsable d’une, voire des deux attaques, est-il prévu une demande de régulation pour cet animal ?

M. Vassilis Venizelos (C-DJES) — Conseiller-ère d’Etat

Comme évoqué dans ma réponse, pour autant qu’il s’agisse d’une attaque liée à un loup isolé, selon l’article 9 bis de l’Ordonnance fédérale.

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