22_REP_85 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Yvan Pahud et consorts au nom Au nom du groupe UDC - Sécurité alimentaire s’approche-t-on du plan Wahlen ? (22_INT_50).

Séance du Grand Conseil du mardi 2 mai 2023, point 27 de l'ordre du jour

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M. Yvan Pahud (UDC) —

Je remercie vivement le Conseil d’Etat pour les réponses apportées à cette interpellation. Je salue le fait que le Conseil d’Etat partage les préoccupations de cette interpellation. Dans les conclusions, il est dit : « Il est indéniable que la guerre en Ukraine a de fortes conséquences sur le marché mondial des denrées alimentaires ainsi que sur celui de l’énergie. Toutefois, à terme, plus que le conflit à proprement parler, ce sont surtout les effets géopolitiques qui pourraient amener une perturbation de tout le système. Cette perturbation représente, elle, une vraie menace pour la sécurité alimentaire mondiale. » En effet, cela fait plusieurs années que notre parti tire la sonnette d’alarme sur la diminution du taux d’approvisionnement en denrées alimentaires. Il est nécessaire que les technocrates de Berne, que la classe politique écoutent enfin les professionnels – agriculteurs, meuniers, etc. – et prennent conscience de l’importance, en cas de crise, de disposer de terres agricoles productives, afin de nourrir sa population. Ce n’est pas avec des marguerites que l’on va nourrir les Vaudoises et les Vaudois. Il y a toujours le « trop » et le « trop peu ». Les agriculteurs contribuent énormément à la biodiversité, mais il faut un juste milieu. En cas de crise, on s’aperçoit que pour nourrir la population il faut des terres cultivables et, surtout, productrices. Je remercie donc le Conseil d’Etat de partager ces préoccupations. Je l’enjoins, comme dans sa dernière phrase : « En fonction de l’évolution de la situation géopolitique, le Conseil d’Etat se réserve le droit de se manifester à nouveau auprès du Conseil fédéral en vue de plaider pour une amélioration du taux d’autoapprovisionnement. »

Mme Séverine Evéquoz (VER) — Président-e

La discussion est ouverte.

Mme Martine Gerber (VER) —

Les jachères ne sont pas des hectares perdus pour l’agriculture nourricière. Les jachères et autres formes de surfaces de promotion de la biodiversité contribuent à la production de denrées alimentaires et sont indispensables, notamment au renouvellement vital des sols agricoles. En réalité, ce sont les sols surexploités qui sont des terres improductives, puisqu’elles ne sont plus autonomes ni durables.  Sans ajout d’intrants, elles ne produiraient plus rien ; ces terres sont fatiguées ou mortes.

La plupart des terres cultivées intensivement ne sont plus qu’un support de culture ; elles ne nourrissent plus les plantes cultivées. Les paysans et les paysannes ont pourtant tout intérêt à favoriser l’autonomie d’un cycle de production plus rentable et orienté vers l’avenir. Réserver une proportion mesurée de surfaces de promotion de la biodiversité est une nécessité impérieuse visant à rendre aux terres cultivées une forme d’équilibre naturel participant à la production, à la souveraineté alimentaire de manière durable. Aucune guerre, ni aucune crise alimentaire ne saurait justifier de céder notamment à la pression de l’industrie agroalimentaire qui tend à faire peur aux citoyens de manquer ou d’avoir faim, aux agriculteurs de se sentir éventuellement responsables en exerçant une pression excessive sur les sols, provoquant appauvrissement de l’autonomie du cycle des sols. Je vous invite donc à accepter la réponse du Conseil d’Etat pour des raisons différentes que mon préopinant.

Mme Anna Perret (VER) —

J’ai trouvé la lecture de cette réponse très intéressante et pertinente. Je déclare mes intérêts : je suis consultante dans le domaine des systèmes alimentaires. J’aimerais faire ressortir quatre éléments de ce rapport qui me paraissent particulièrement intéressants. Premièrement, le passage où le Conseil d’Etat relève que la notion de souveraineté alimentaire implique tous les acteurs de la chaîne alimentaire : les agriculteurs, les distributeurs et les consommateurs. C’est une réflexion sur la complexité du système alimentaire qu’il faut garder à l’esprit lors de toute discussion autour de l’agriculture et de l’alimentation, si on veut faire bouger les choses.

Deuxièmement, la citation à la page 4 de la réponse du Conseil fédéral à la motion Jacques Nicolet qui dit que les surfaces de promotion de la biodiversité dans les zones de grandes cultures renforcent la productivité à long terme des autres terres assolées. En effet, ce lien positif entre la productivité et la biodiversité, dont nous avons parlé lors de la première séance du groupe agricole, est aujourd’hui connu. Notre collègue Martine Gerber vient d’en parler, donc je ne vais pas m’attarder sur le sujet et soutiens pleinement sa position.

Le troisième aspect que j’aimerais relever concerne le bilan de fumure et la citation de la réponse du Conseil fédéral à la motion Jacques Nicolet qui dit que, compte tenu de la tendance à la raréfaction des engrais minéraux et de la hausse des prix qui en découle, les engrais de ferme indigène doivent être utilisés plus efficacement, et ce, pour réduire notre dépendance vis-à-vis des engrais minéraux que nous importons actuellement à 100 %. Cela fait sens, d’autant plus que nous savons que la fertilisation des sols, en particulier avec les engrais minéraux, contribue largement aux émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture.

Pour terminer, j’aimerais mettre l’accent sur les lignes stratégiques de l’orientation future de la politique agricole mentionnée à la page 5 du présent rapport qui doivent garantir la sécurité de l’approvisionnement pour les générations actuelles et futures. J’aimerais remercier le Conseil d’Etat de rappeler ici l’importance de tenir compte des générations futures dans toutes les décisions que nous prenons aujourd’hui, dans tous les domaines, y compris celui de l’alimentation.

Mme Séverine Evéquoz (VER) — Président-e

La discussion est close.

Ce point de l’ordre du jour est traité.

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