Motion Florence Gross et consorts - Le choix délibéré d'un poste à temps partiel ne doit plus mener aux subsides: pour une stricte application de la LVLAMal et de son règlement

Auteur

Florence Gross

Date du dépôt

01.04.2025

Département pilote

-

Département en appui

-

Identifiant

25_MOT_26

Commission

-

Délais réponse du CE

-

Dernière décision du GC

-

Texte déposé

Les montants dévolus aux subsides LAMal atteignent bientôt un milliard de francs dans notre Canton, conséquence de l'augmentation du coût des primes mais également du nombre de bénéficiaires. Au budget 2024, 866 millions étaient prévus pour cette politique publique dont 263 mios pour les bénéficiaires PC AVS/AI, 122.5 mios pour les bénéficiaires RI et 435.8 mios pour les subsides partiels. Au budget 2025, c'est un total de 955.5 millions soit 89.5 mios supplémentaires. Au vu de l'augmentation régulière, le risque est de consacrer bientôt 10% du budget du Canton de Vaud pour une seule politique publique. 

 

La mesure sociale adoptée lors du projet RIE3 a été introduite afin de limiter la charge financière du paiement des primes d’assurance maladie au maximum à 10% du revenu déterminant. Le coût annoncé pour cette mesure était de 42.8 mios. Les chiffres ont largement augmenté. Si certes c’est en partie dû à l’augmentation des primes d’assurance maladie, il y a lieu de rappeler que le contribuable qui ne touche pas de subsides paie ceci deux fois, soit sa propre prime et contribue au subside par le paiement de ses impôts. 

 

A ce montant de 42.8 mios s’ajoute celui dévolu aux subsides pour personnes aux bénéfices des prestations complémentaires AVS/AI, et du RI. Toutefois, déjà en 2023, nous pouvions affirmer que les estimations du Conseil d’Etat étaient sous évaluées, ce qui est démontré dans la réponse à la simple question Florence Gross « RIE3 – quel coût réel des mesures sociales».

 

AnnéeNombre de bénéficiaires (selon budget)
2020269'493
2021274'473
2022278'396
2023285'959
2024287'00
2025296'200

 

A ce jour, il ne s'agit clairement plus d'un subside mais d'un complément de revenus, ceci étant d'ailleurs assumé par de nombreux bénéficiaires. Il devrait donc être traité comme tel.

 

Il est en effet aujourd'hui aisé de faire les calculs quant à sa propre situation et de choisir un emploi à temps partiel afin de bénéficier dudit subside afin, au final, d'être financièrement gagnant par rapport à un emploi à temps plein. 

 

Dans la réponse à la motion - transformée en postulat - Daniel Ruch et consorts "Des subsides à l'assurance maladie versés au prorata du taux d'activité", le Conseil d’État affirme que la modalité du taux partiel est déjà prise en considération par une application stricte de la LVLAMal. Toutefois, les chiffres liés aux subsides partiels tendent à montrer le contraire. 

 

Il y a donc lieu aujourd'hui de réviser le droit aux subsides afin de garantir la prise en compte du taux partiel intentionnel. La LVLAMal le dit clairement à son article 9, alinéa 3: "N'est notamment pas considérée comme étant de condition économique modeste, toute personne disposant de ressources financières insuffisantes en raison d'un choix délibéré de sa part." La question du choix délibéré doit aujourd'hui pouvoir être analysée lors de chaque demande et non par pointage. Ceci est d'ailleurs rappelé dans le règlement d'application de ladite loi (RVLAMal) à l'article 17: "n'est notamment pas considérée comme étant de condition économique modeste la personne qui, par choix personnel: a intentionnellement renoncé, en fonction de conditions librement choisies, à mettre toute sa capacité de gain à contribution."

 

La capacité contributive et son intention doivent donc être prises en considération. L'exemple de la proposition faite à Berne d'un taux de travail à 70% pour une personne seule et 150% pour un couple est un exemple, il existe certainement d'autres critères. 

 

De plus, le renouvellement annuel quasi automatique mérite d’être revu. En effet, dans le rapport du Conseil d’Etat au Postulat Ruch nous pouvons lire que: « Lors du renouvellement annuel du droit au subside, lequel intervient de manière automatique sur la base des dernières données financières disponibles (décision de taxation entrée en force ou actualisation suite un changement de situation plus récent), un contrôle systématique du taux d’activité n’est pas possible car l’OVAM ne dispose pas de cette information. » Le contrôle des taux de travail/reprises d’activité doit être régulier afin que le droit au subside soit reconsidéré. L’exemple du justificatif obligatoire pour toucher les allocations familiales pourrait être repris. 

 

La volonté de cette motion n’est aucunement de mettre en difficultés les bénéficiaires de subsides, qui de par leur situation, en ont réellement besoin. Les situations diverses telles que familles monoparentales, formation, handicap, etc doivent également être prises en considération. Toutefois le risque est trop important de consacrer bientôt 10% du budget de l’État à une seule politique publique. Il est donc essentiel, par principe d’équité et de responsabilité individuelle, de distinguer les assurés se trouvant dans une situation de précarité involontaire de ceux qui adoptent volontairement un mode de vie entraînant une baisse de leur revenu. La modification législative souhaitée permettra à maintenir la pérennité du système de subvention en se recentrant sur sa mission première de solidarité. 

 

Dans le cadre de chômage, un demandeur d’emploi n’ayant pas effectué toutes les démarches nécessaires pour trouver un emploi voit ses indemnités diminuées. Une même logique devrait avoir lieu dans le cadre du droit au subside, ceci d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un choix délibéré. 

 

Par la présente motion, nous demandons au Conseil d’État de bien vouloir proposer une base légale permettant une révision du système contenant notamment :

  • la modification de l'art 9 alinéa 3 de la LVLAMal qui doit préciser entre autres la notion de temps partiel : afin que "toute personne disposant de ressources financières insuffisantes en raison d'un choix délibéré de sa part" ne soit plus pris en considération dans les ayants droits au subside d'assurance maladie. La renonciation intentionnelle à un revenu, tel que le choix d'un taux de travail partiel doit amener à une considération différenciée du dossier :
    • 3 N'est notamment pas considérée comme étant de condition économique modeste, toute personne disposant de ressources financières insuffisantes en raison d'un choix délibéré de sa part, notamment lors du choix d’un poste de travail à temps partiel.
  • la modification de calcul du RDU/Droit aux subsides afin que le temps partiel soit clairement renseigné ; le revenu déterminant unifié devrait être basé sur un emploi à temps plein
  • la non automatisation annuelle du renouvellement du droit au subside
  • l’obligation de remboursement en cas de non annonce de modification de situation menant à un retrait au droit au subside

 

Conclusion

Renvoi à une commission avec au moins 20 signatures

Documents

LienType
 25_MOT_26-Texte déposé Intervention parlementaire

Séances dont l'objet a été à l'ODJ

DateDécision
01.04.2025 -

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Michael Wyssa PLR
Jean-Franco Paillard PLR
Jerome De Benedictis V'L
Grégory Bovay PLR
Marc-Olivier Buffat PLR
Elodie Golaz Grilli PLR
Carole Schelker PLR
Laurence Bassin PLR
Fabien Deillon UDC
Loïc Bardet PLR
Blaise Vionnet V'L
Oscar Cherbuin V'L
Pierre-François Mottier PLR
Cloé Pointet V'L
Jean-Rémy Chevalley PLR
Florence Bettschart-Narbel PLR
Philippe Germain PLR
Monique Hofstetter PLR
Pierre-Alain Favrod UDC
Jacques-André Haury V'L
Maurice Gay PLR
Chantal Weidmann Yenny PLR
Jean-Louis Radice V'L
Gérard Mojon PLR
Thierry Schneiter PLR
Marc Morandi PLR
Sergei Aschwanden PLR
Nicolas Suter PLR
Georges Zünd PLR
Charles Monod PLR
Pierre-André Romanens PLR
Olivier Petermann PLR
Alexandre Berthoud PLR
Aurélien Clerc PLR
John Desmeules PLR
Carole Dubois PLR
Nicole Rapin PLR
Jean-Daniel Carrard PLR
Aurélien Demaurex V'L
Mathieu Balsiger PLR
Regula Zellweger PLR
Graziella Schaller V'L
Maurice Neyroud PLR
Laurence Cretegny PLR
Jean-François Cachin PLR
Yann Glayre UDC
Nicolas Bolay UDC
Philippe Miauton PLR
Jean-Marc Udriot PLR
Bernard Nicod PLR
Grégory Devaud PLR
Anne-Lise Rime PLR
Guy Gaudard PLR
Fabrice Moscheni UDC
Sébastien Humbert V'L
Jean-Luc Bezençon PLR

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